Publié : 19h35 par Dimitri COUTAND

Nouveau congé de naissance : ce qui change pour les parents et les entreprises

Une réforme majeure pour les jeunes parents s'apprête à entrer en vigueur. À partir du 1er juillet 2026, un nouveau « congé supplémentaire de naissance » permettra à chaque parent de prolonger sa présence auprès de son enfant après une naissance ou une adoption.

parents bébés
Crédit : Unsplash

Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, ce dispositif ne remplace pas les droits actuels (maternité, paternité, adoption) mais vient s'y ajouter. Il est ouvert à tous les parents en activité, qu'ils soient salariés du secteur privé, agents publics ou travailleurs indépendants. Sont éligibles les parents d'enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026.

Chaque parent peut choisir de prendre un ou deux mois de congé supplémentaire, à utiliser dans les neuf mois suivant l'arrivée de l'enfant. Ce droit est strictement individuel et non transférable à l'autre parent. L'organisation offre une grande souplesse puisque le congé peut être pris en une seule fois, fractionné en deux périodes d'un mois, ou posé simultanément ou en alternance par les deux parents.

L'indemnisation est prise en charge par la Sécurité sociale sur la base des trois derniers mois de salaire, avec un double niveau de dégressivité. Le premier mois est ainsi indemnisé à hauteur de 70 % du salaire, tandis que le second mois passe à 60 %. Dans les deux cas, le salaire de référence est plafonné à 4 005 € au 1er janvier 2026. Les travailleurs indépendants bénéficient d'une indemnité forfaitaire soumise à la même dégressivité. À noter que ce congé est exclusif et ne peut pas se cumuler avec des indemnités maladie, des allocations chômage ou la PreParE.

Un défi organisationnel majeur pour les entreprises

Si cette avancée est saluée par les familles, elle suscite une vive inquiétude chez les directeurs des ressources humaines, en particulier au sein des TPE et PME. L'employeur ne peut ni refuser ni reporter ce congé si le salarié respecte le délai de prévenance, fixé à un mois avant le départ, ou à 15 jours si le congé s'enchaîne directement après un congé de paternité ou d'adoption.

Le principal point de friction réside dans l'effet rétroactif du dispositif. Dès le 1er juillet, tous les parents d'enfants nés depuis le début de l'année vont acquérir leurs droits simultanément, créant un effet de stock important en pleine période de congés d'été. Pour certaines structures, voir des salariés cadres ou des responsables de magasin s'absenter près de trois mois consécutifs (en cumulant congé de paternité et congé de naissance) représente un véritable casse-tête pour le maintien de l'activité.


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