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29 octobre 2015 à 12h24 par Anthony MARSAIS

Notre-Dame-des-Landes : pas d'expulsion de la Noé Verte avant le 3 décembre

Les occupants de la maison de la Noé Verte à Grandchamp-des-Fontaines obtiennent un répit. Ces opposants au projet d'aéroport veulent transformer cette maison inhabitée en conserverie. Ecoutez le témoignage d'Alice.

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Aéroports du Grand Ouest (AGO) a demandé jeudi au juge des référés du TGI de Nantes de prononcer l'expulsion "sans délai" des opposants qui occupent depuis plusieurs semaines une maison lui appartenant, située au lieu-dit "La Noé Verte", sur la commune de Grandchamps-des-Fontaines.

 

La filiale du groupe Vinci en charge du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a notamment fait valoir qu'un vigile de l'entreprise chargée de sa surveillance avait été "molesté" par "une vingtaine ou une trentaine de personnes". Elle a également souligné qu'elle avait fait murer la maison, au départ de ses derniers occupants il y a plus de trois ans.

 

"AGO ne veut pas être tenue d'héberger ceux qui font tout pour faire capoter son projet", a résumé son avocat, Me Emmanuel Cheneval.

 

Les opposants au projet d'aéroport veulent en effet transformer cette maison construite dans les années 1970 en conserverie, pour mettre en bocaux la production maraîchère de la ZAD et des environs. Une quarantaine d'entre eux avaient d'ailleurs dressé jeudi une tente devant le Palais de justice, où ils faisaient goûter leurs productions (photo). 

Écouter Alice présente le projet de conserverie

 

L'avocat de Serge Ker Vazo, l'occupant visé par la procédure d'expulsion, a lui fait valoir qu'AGO n'avait aucune preuve d'une quelconque "violence" de son client à l'égard du vigile. Me Stéphane Vallée a surtout insisté sur le fait qu'il n'y avait "pas d'urgence" à évacuer cette maison, aucun planning de travaux de démolition n'ayant été présenté à la juge.

 

L'avocat a également fait remarquer qu'AGO venait tout juste de renouveler les baux d'occupation précaires de plusieurs agriculteurs exploitant des terres voisines de la Noé Verte, pour une durée d'un an, jusqu'au 31 décembre 2016. Il estime ainsi que le même juge des référés a été "instrumentalisé" dans de précédentes procédures similaires, où AGO avait plaidé "l'urgence" de la situation... mais sans que rien ne change pour autant dix-huit mois plus tard.

 

"L'Etat n'assume pas ses responsabilités : ce n'est pas la société AGO qui va aller expulser manu militari ces occupants sans droit ni titre", a répliqué Me Emmanuel Cheneval. "Contrairement à ce qu'on pourrait croire, dans ce dossier le rapport de forces n'est pas en faveur de mes clients, mais bien des opposants."

 

Des opposants qui, sur place, se sentent plutôt soutenus. 

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La juge des référés, qui a mis son jugement en délibéré, rendra sa décision le 3 décembre prochain./GF (PressPepper)

 

 

 

 

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