Actualités Pays-de-la-Loire 

9 mars 2016 à 14h03 par Anthony MARSAIS

Le double combat de Géraldine, contre le cancer de son fils et contre... l'administration.

Cette mère de famille installée à Rezé a subi un cancer en 2013. Trois ans plus tard, c'est son fils de 7 ans qui est hospitalisé pour une leucémie. Et l'administration est impassible, lui refusant une allocation pour être présente au quotidien auprès de son enfant.

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Crédit: - Yamine, hospitalisé au CHU de Nantes depuis la fin novembre...

Elle veut paraître souriante et solide. Géraldine laisse pourtant échapper quelques larmes à l’évocation des étapes menant à la guérison de son fiston. Elle s’excuse et se reprend aussitôt. Cette Rezéenne de 33 ans enchaîne les combats depuis trois ans. Fin 2012, Géraldine apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du col de l’utérus à un stade déjà bien avancé. Le choc. L’année 2013 est ainsi consacrée aux soins : chimio, rayons, curiethérapie. La jeune femme survit mais doit dire adieu à un éventuel troisième enfant. Son cancer a pour conséquence une ménopause précoce.

 

Autre conséquence de la maladie : elle ne peut plus travailler en position debout. Embêtant lorsque vous exercez dans le prêt à porter. Géraldine est donc licenciée pour inaptitude physique en mars 2015. Elle perçoit alors une pension d’invalidité partielle de 280 € et entame un processus de reconversion pour devenir téléconseillère.

 

Mi-novembre, le cauchemar. Yamine, le plus jeune fils de Géraldine, se plaint de douleurs à la jambe. Les médecins soupçonnent une infection de l’os. Le diagnostic est plus terrible : Yamine, 7 ans, souffre d’une tumeur au thorax et d’une leucémie aiguë lymphoblastique avec chromosomes de Philadelphie. Un charabia inquiétant. Adieu la formation, retour à l’hôpital le 20 novembre. Cette fois, c’est son cadet qui se retrouve sur le lit du CHU, isolé dans un service d’oncologie pédiatrique. « On s'effondre, mais il faut vite rebondir, explique Géraldine. Ne pas lui faire sentir notre tristesse, rester debout pour lui et pour son frère Méziane, âgé de 11 ans ».

 

 

Les traitements débutent quelques semaines avant Noël. Depuis, Yamine n’a pu retrouver sa chambre, à Rezé, qu’à de très rares occasions. Une journée à Noël notamment. Le reste du temps, il le passe au 5ème étage du CHU. Le jeune garçon, « très très courageux » selon sa maman, suit le programme de CE1 à l’hôpital. Le protocole doit durer deux ans, avec 9 premiers mois plus intenses. Géraldine vit et dort auprès de son enfant. 24h/24. Elle se refuse à s’éloigner de lui, pour le soutenir et l’encourager dans son combat.

 

A la souffrance psychologique de la maman s’ajoute une angoisse financière. L’administration n’a semble-t-il jamais eu affaire à une maman et à son enfant victimes tous les deux d’un cancer à quelques années d’intervalle. Résultat : sa demande d’AJPP (allocation de 1 000 euros environ par mois pour accompagner un enfant malade) est refusée. Motif : la maman perçoit déjà 280 € pour invalidité. Les deux allocations ne sont pas cumulables. « La situation devient inquiétante, je ne sais pas comment je vais payer mes factures ». Dans pareil imbroglio, la logique voudrait que l’administration suspende ou soustrait la plus faible allocation. Mais « logique » et « législation » ne font pas bon ménage. Nouveau refus. Un texte est un texte. Pire encore : Pôle emploi considère dans un premier temps que Géraldine n’est plus en recherche active de travail et décide de stopper également ses allocations chômage, réclamant, au passage, un trop perçu pour les mois de décembre et janvier. Il faudra qu’elle explique sa situation si singulière pour que Pôle Emploi accepte finalement de ne pas la radier. « Le système refuse qu'une mère qui a eu un cancer s'occupe de son enfant qui a un... un petit souci, dénonce avec une pointe d’ironie Géraldine. Pourtant, une présence parentale à l’hôpital est indispensable d'après l'oncologue. »

 

Aujourd’hui, même si elle est soutenue par une assistante sociale et qu’elle devrait percevoir prochainement une allocation de 373 € pour enfant handicapé, la mère de famille attend surtout une réaction de l’administration. Elle rêve de faire évoluer les textes. Que son coup du sort permette au moins de prendre en compte, à l’avenir, pareil scénario. Pour que les mamans d’enfants malades ne se concentrent plus que sur un combat. Majeur. Le combat pour la vie.

 

 

 

Un appel aux dons

La cousine de Géraldine a mis en place un appel aux dons sur internet, sur la plateforme Leetchi.com afin de lui venir en aide financièrement et lui permettre ainsi de continuer à accompagner Yamine au quotidien. Les dons sont possibles en cliquant ICI. Près de 1 500 € ont déjà été collectés.

 

 

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