Actualités Pays-de-la-Loire 

14 janvier 2016 à 6h49 par Anthony MARSAIS

Deux ans de prison pour l'homme qui avait étranglé sa compagne à Vallet

La voyant suffoquer, il avait renoncé au dernier moment à la tuer...

RCA
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L'homme qui était initialement poursuivi pour "tentative d'assassinat" sur sa compagne, le 25 novembre 2014 à Vallet, a été condamné mercredi à deux ans d'emprisonnement fermes par le tribunal correctionnel de Nantes pour ses "violences aggravées".

 

J.P. R., 60 ans, s'est vu infliger en outre une année de prison supplémentaire avec sursis et une mise à l'épreuve de deux ans, durant lesquels il aura interdiction d'entrer en contact avec sa victime. L'homme aura également obligation de l'indemniser et de se soigner, s'il ne veut pas voir cette peine avec sursis transformée en prison ferme.

 

Le matin des faits, l'intéressé s'était en effet mis à califourchon sur sa compagne, allongée au sol de leur salle de bains, avant de lui nouer les poignets avec de la corde et de commencer à l'étrangler. Il avait ensuite fait couler de l'eau dans leur baignoire, et branché un sèche-cheveux en vue d'une électrocution.

 

"Je voulais juste me suicider, en sa présence", a minimisé mercredi le prévenu devant les juges. Ce conducteur de bus à la Semitan, la société qui gère les transports publics nantais, a également nié toute préméditation, affirmant que la corde se trouvait dans sa poche depuis la veille au soir, quand il avait voulu faire "du bricolage".

 

"Les trois quarts de ce qu'elle dit, c'est de l'affabulation : je ne l'ai jamais frappée au visage, et je n'ai jamais tenu les propos qu'elle me prête", s'est-il également défendu.

 

"CHANTAGE AU SUICIDE RECURRENT"

 

La correctionnalisation de ces faits criminels ne relève pas d'une "faveur" envers lui, a insisté le président du tribunal correctionnel, mais bien d'une "stricte application du droit" : l'enquête a en effet permis d'établir que le suspect avait cessé de lui-même d'étrangler la victime, à la vue de ses suffocations, lui permettant ainsi de survivre... et de s'enfuir.

 

J.P. R. avait finalement été interpellé par les gendarmes dans le puits de leur propriété, où il disait vouloir "se suicider", une version mise en doute par l'avocate de sa compagne.

 

Me Elen Thoumine a en effet dénoncé le "chantage au suicide récurrent" du prévenu, qui avait déjà menacé de s'immoler lors d'une précédente rupture avec cette employée des écoles de 57 ans. Le psychiatre qui l'a examiné a également relevé chez lui des pointes de "théâtralisme" et une "mise en scène" de ses périodes de désespoir.

 

Trois ans de prison fermes avaient été réclamés par la procureure de la République à l'égard du prévenu, et deux années supplémentaires avec sursis. La représentante du ministère public voulait y ajouter une mise à l'épreuve de deux ans.

 

Pour sa défense, son avocat avait rappelé qu’il avait été durement marqué par le suicide de l'une de ses deux filles, en 2011. Me Quentin Chabert voulait également que son client soit remis en liberté à l'issue de son procès, et qu'il soit reçu par le juge d'application des peines pour aménager son inévitable partie de prison ferme.

 

Le tribunal correctionnel de Nantes a finalement prononcé le maintien en détention du prévenu, qui a déjà purgé quatorze mois en détention provisoire. Il devra également verser une provision de 5.000 € à son ex-compagne, dans l'attente d'une audience ultérieure sur intérêts civils qui fixera le montant définitif de ses dommages et intérêts./GF (PressPepper)

 

 

 

 

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