Publié : 7h54 par Gwen Brot

CHU de Nantes : après le décès de deux nourrissons, la gestion de la crise sanitaire sous surveillance

La crise bactérienne qui touche le service de néonatalogie du CHU de Nantes continue de susciter de vives interrogations. Lors du conseil de surveillance, la direction a assuré que la situation était désormais maîtrisée, tandis que les syndicats ont dénoncé des problèmes persistants d'effectifs, d'hygiène et de transparence.

Illustration nouveau-né
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Crédit : Unsplash

 

Le conseil de surveillance du CHU de Nantes a largement évoqué la situation du service de néonatalogie, marqué depuis l'été 2025 par plusieurs infections nosocomiales ayant conduit au décès de deux nourrissons.

Face aux inquiétudes, la direction de l'établissement a présenté les mesures engagées pour contenir le risque infectieux. Plusieurs opérations de décontamination ont été menées et un audit externe est actuellement en cours afin d'identifier l'ensemble des facteurs susceptibles d'avoir favorisé la propagation des bactéries.

Selon les responsables hospitaliers, aucun nouveau cas d'infection n'aurait été enregistré depuis la fin du mois de mars 2026, un élément présenté comme la preuve d'un retour progressif à une situation sous contrôle.

Les syndicats dénoncent des fragilités persistantes

Malgré ces assurances, les représentants syndicaux ont exprimé de fortes réserves quant à la gestion de la crise.

La question des effectifs a été particulièrement mise en avant. Plusieurs alertes pour danger grave et imminent auraient été déposées ces dernières années afin de signaler les difficultés rencontrées au sein du service, notamment en raison d'absences non remplacées et d'une charge de travail jugée trop importante.

Les organisations syndicales estiment également que le manque de temps consacré à la formation des nouveaux professionnels peut fragiliser davantage le fonctionnement d'un service aussi sensible que la néonatalogie.

Autre sujet de préoccupation : les conditions d'hygiène dans certains espaces destinés aux familles. Les représentants du personnel pointent notamment des défaillances concernant le nettoyage des vestiaires et sanitaires utilisés par les parents, réalisés par un prestataire extérieur. Ils réclament une réflexion plus large sur l'organisation du bionettoyage dans les secteurs les plus exposés aux risques infectieux.

Des questions encore en suspens

Si un consensus semble exister sur la nécessité de renforcer durablement les moyens de l'hôpital public, plusieurs interrogations demeurent.

Les syndicats reprochent notamment à la direction un manque de communication autour des épisodes infectieux qui ont frappé le service de néonatalogie. Ils demandent davantage de transparence sur les événements survenus ces derniers mois ainsi que sur les conclusions à venir de l'audit actuellement mené.

Lors des échanges, l'hypothèse de décès supplémentaires possiblement liés à des causes similaires a également été évoquée par un représentant syndical. À ce stade, aucun élément n'a été confirmé officiellement par la direction du CHU.

Les résultats de l'audit sont désormais très attendus. Ils devront permettre d'établir précisément les causes de cette crise sanitaire, d'évaluer l'efficacité des mesures mises en place et de répondre aux nombreuses questions encore soulevées par les professionnels comme par les familles concernées.

 


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