Publié : 19 mai 2026 à 19h35 par Titouan GUIBERT

Alerte en RDC : faut-il vraiment s'inquiéter de la nouvelle épidémie d'Ebola ?

Face à une propagation fulgurante de la souche Bundibugyo dans une région minée par la guerre, l'OMS a déclenché son deuxième niveau d'alerte le plus élevé. Les autorités redoutent une crise sanitaire internationale incontrôlable.

Ebola : pourquoi la nouvelle épidémie inquiète le monde ?
Ebola : pourquoi la nouvelle épidémie inquiète le monde ?
Crédit : ONU info

Le virus Ebola fait de nouveau souffler un vent de panique sur la communauté internationale. Ce mardi 19 mai 2026, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, s'est dit « profondément préoccupé par l'ampleur et la rapidité » de la fièvre hémorragique qui frappe le nord de la République démocratique du Congo (RDC).

Le dernier bilan communiqué par les autorités congolaises fait état de 131 morts et 513 cas suspects. Signe de l'extrême gravité de la situation, l'OMS a classé dimanche l'événement comme une Urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Un variant redoutable et sans traitement

La principale source d'inquiétude des scientifiques réside dans la nature même de la souche : le variant Bundibugyo. Contrairement à la souche Zaïre, contre laquelle il existe des vaccins efficaces, ce variant ne dispose à ce jour d'aucun traitement ni vaccin spécifique. Extrêmement contagieuse, cette souche n'a provoqué que deux épidémies mineures dans l'histoire (en 2007 et 2012).

Les experts de l'OMS étudient actuellement en urgence des candidats médicaments, alors que la détection repose sur des tests PCR et antigéniques compliqués à acheminer.

La menace d'une propagation internationale

L'intense activité minière de la région et les déplacements de population font craindre le pire. La frontière ougandaise est toute proche et le virus a déjà commencé à s'exporter. L'Ouganda a confirmé deux cas à Kampala (dont un décès) liés à des voyageurs en provenance de RDC.

Un citoyen américain a également été testé positif et évacué vers l'Allemagne. Face à ce scénario, les épidémiologistes avertissent qu'un retard dans la réponse sanitaire pourrait avoir des conséquences catastrophiques à l'échelle de l'Afrique centrale.


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