3 avril 2024 à 11h43 par Maxime MARTINEZ

Panne chez Yara à Montoir : une catastrophe évitée de justesse?

Une panne électrique a eu lieu vendredi chez Yara, l'usine d'engrais de Montoir-de-Bretagne. Le système de secours a mis deux heures à se déclencher et la cuve d'ammoniac est montée en pression. Les élus et riverains sont inquiets.

Usine Yara (illustration)
Usine Yara (illustration)
Crédit : Google

Vendredi vers 12h30, une panne de courant a impacté l'usine de productions d'engrais Yara, à Montoir-de-Bretagne. Le groupe électrogène de secours s'est déclenché, et un rejet d'eaux industrielles chargées d'azote dans la Loire a été détecté. Sauf que ce système de secours, qui existe comme sur tout site SEVESO, s'est mis en route à partir de 14h25, soit après deux heures d'attente.

Dans le même temps, la cuve d'ammoniac, maintenue électriquement à une température extrêmement basse (-34 degrés celcius), a atteint une pression critique en l'absence d'alimentation électrique. Une situation qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques. Jusqu'à une explosion de la cuve?

Le précédent lituanien

Un précédent existe. Le 23 mars 1989, une cuve d'ammoniac explose au niveau de sa base, après une montée en pression brutale, dans une usine chimique à Jonava (Lituanie). 7.000 tonnes d'ammoniac liquide se répendent alors sur le sol. Le bilan officiel est de sept morts, 57 blessés et près de 32.000 personnes déplacées. Un nuage toxique, à l'origine d'irritations, est perçu jusqu'à 35 km du lieu de l'accident, soit l'agglomération de Kaunas, deuxième plus grande ville du pays.

Le site Yara France est actuellement à l'arrêt, alors que des suppressions de poste sont attendues dans les prochains mois et que le site doit être transformé en un site de stockage d'engrais au lieu d'un site de production. La préfecture assurait, vendredi soir, que les stocks d'engrais présents sur place sont très faibles. Le courant a été remis après intervention samedi matin. Mais l'inquiétude règne parmi les associations de riverains et les élus.

Une demande de fermeture administrative du site

Le maire de Montoir-de-Bretagne, Thierry Noguet, se dit "choqué" de ce dysfonctionnement des outils de secours et demande la fermeture administrative du site. Une demande déjà faite auparavant dans le passé alors que l'usine s'est faite épingler à plusieurs reprises pour non-respect des normes.

Face à cette situation, la préfecture a rassuré en indiquant que les doses d'azote déversées dans la Loire sont restées en deçà des seuils critiques et les autorités examinent actuellement le plan de mise en sécurité des stocks d'ammoniac, proposé par l'entreprise, après ces différentes mises en demeures. Une commission de suivi du site a été convoquée par la préfecture dans les prochains jours.


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