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23 juin 2016 à 4h21 par Anthony MARSAIS

Un Réunionnais jugé aux assises pour le meurtre d'une octogénaire à Saint-Nazaire

Il avait porté atteinte sexuellement au cadavre.

RCA
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Un Réunionnais de 26 ans jusqu'alors inconnu de la justice est jugé depuis mercredi par la cour d'assises de la Loire-Atlantique, à Nantes, pour avoir étranglé une octogénaire chez elle le 27 mars 2014 à Saint-Nazaire, avant de se masturber sur son cadavre et de mettre le feu à sa chambre.


Décrite comme "sans problèmes", "serviable" et "en bonne santé", la victime avait été retrouvée le lendemain sur son lit, avec un oeil au beurre noir et de nombreuses traces de coups sur les jambes et à l'oreille.

 

Les soupçons s'étaient alors dirigés vers S.R., un SDF réunionnais arrivé en métropole en 2010 et habitué à faire la manche à la sortie du supermarché Lidl voisin, où la vieille dame de 81 ans faisait ses courses. Il lui arrivait aussi de loger parfois chez sa mère, qui habitait elle aussi le même quartier que l'octogénaire. La photo de son profil Facebook collait aussi avec le portrait-robot établi par les enquêteurs, sur la base de témoignages de voisines.


Cet ancien pompier volontaire de Saint-Nazaire s'était en effet marginalisé, après son agression au couteau en 2012 par deux complices présumés d'une jeune femme qui lui aurait fait miroiter "une fellation tarifée".


"25 JOINTS" ET "QUATRE BOUTEILLES" PAR JOUR


Devant les enquêteurs, le SDF s'était progressivement souvenu s'être vu refuser "un verre d'eau" par la victime, avoir porté un "violent coup de poing au visage" de la vieille dame, après qu'elle se soit réfugiée à l'étage de sa maison, avant de l'étrangler avec une ficelle arrachée sur un chapeau. 


Réfutant néanmoins toute pénétration sexuelle ou digitale sur le cadavre, le jeune homme avait simplement mis son "pétage de plombs" sur le compte de sa consommation d'alcool et de cannabis, fumant "en moyenne vingt-cinq joints" et buvant "jusqu'à quatre bouteilles" par jour. "Si je pouvais prendre sa place, je le ferais, elle ne le méritait pas cette vieille dame... J'ai pété un câble, comme si toute la haine était là", avait-il regretté plus tard devant les psychiatres.


Mercredi, au premier jour de son procès, les jurés de la cour d'assises de la Loire-Atlantique se sont davantage penchés sur le passé et la personnalité de l'accusé. Surnommé "King" ou "Roots" - la traduction littérale de son nom de famille en anglais – S.R. s'est ainsi souvenu avoir été "fouetté" par son père dans son enfance.


Déscolarisé après sa 3e, le jeune Réunionnais a ensuite fait des petits boulots dans la restauration, avant de s'engager dans l'armée. Après avoir déserté en décembre 2009, suite à "des problèmes avec les gradés" en lien avec sa consommation d'alcool, il avait travaillé quelque temps avec son père dans le bâtiment, avant de rejoindre sa mère et ses deux frères en métropole à Saint-Nazaire. L'accusé avait alors tenté de reprendre des études en bac professionnel Logistique au lycée professionnel Sainte-Thérèse, mais avait été exclu de l'établissement en raison de son absentéisme.


"UN PEU PERTURBE" PAR SA BISEXUALITE


Il également apparu que le jeune homme, qui rêvait de devenir marin-pompier, avait passé avec succès un diplôme de service sécurité incendie. Mais sa bonne connaissance de la lutte contre le feu ne l'avait toutefois pas empêché, le jour du crime, de refermer la porte de la chambre de l'octogénaire... empêchant du même coup les flammes de prospérer.


Sa mise en examen a en tous cas suscité l'incrédulité de ses proches. "Tout ça, ça ne lui ressemble pas : il a peur des morts, il ne vient même pas aux veillées funèbres", a ainsi réagi le nouveau compagnon de sa mère.


Décrit comme un petit-fils "gentil" et "poli" par sa grand-mère, ce garçon "tranquille" a néanmoins reconnu à l'audience aimer "les photos du diable, avec des cornes". "Ca symbolise la richesse, les femmes et la drogue", a-t-il expliqué aux jurés, quelque peu médusés.


S.R. a également reconnu, au premier jour de son procès, être "un peu perturbé" par sa bisexualité. "Je ne sais pas si j'aime les filles ou les garçons", a confié le jeune homme, en couple avec une jeune femme, ce qui ne l'empêche pas d'avoir des "relations sexuelles tarifées" avec des hommes ou des femmes.


Les jurés de la cour d'assises de la Loire-Atlantique rendront leur verdict vendredi, au terme de trois jours de procès./GF (PressPepper)

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