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8 janvier 2016 à 6h47 par Anthony MARSAIS

Un dentiste nantais accusé de harcèlement sexuel sur son assistante dentaire

Une assistante dentaire affirme avoir subi les comportements déplacés d'un dentiste nantais pendant plusieurs années. Il encourt de la prison avec sursis.

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Huit mois de prison avec sursis ont été requis jeudi contre un dentiste installé dans le centre-ville de Nantes, qui était jugé par le tribunal correctionnel de Nantes pour "harcèlement sexuel" sur son ancienne assistante dentaire, après avoir multiplié blagues salaces et comportements déplacés entre 2012 et 2014.

 

Ce dentiste de 56 ans demandait par exemple à cette femme de 39 ans pourquoi elle ne mettait pas de décolleté, lui jetait de l'eau sur ses parties intimes ou traitait encore son mari de "pédé" et de "petite bite". Il avait aussi proposé au couple, en proie à des problèmes de fertilité, de les "aider à avoir des enfants".

 

A l'audience, l’assistante dentaire - recrutée en 2009 - a ainsi reconnu avoir "rigolé bêtement" aux "traits d'humour douteux" de son patron, juste "pour être tranquille". "J'étais dans un engrenage, je n'arrivais plus à stopper la machine : j'avais beau lui dire qu'il n'était pas mon genre et qu'il avait l'âge d'être mon père, il ne s'arrêtait pas", a-t-elle raconté.

 

La plaignante a aussi reconnu ne pas être partie plus tôt de ce cabinet "de bonne réputation" pour des questions d'ordre financier. "J'avais un salaire confortable et, à l'époque, mon mari était encore étudiant", a-t-elle expliqué.

 

5.000 € DE DOMMAGES ET INTERETS RECLAMES

 

Son avocat a ainsi réclamé 5.000 € de dommages et intérêts pour le préjudice moral de sa cliente, suivie depuis les faits par un psychologue et sous antidépresseurs, en raison du "comportement obsessionnel et sexualisé" de son employeur.

 

Le dentiste nantais n'est en outre pas un inconnu de la justice : il a déjà fait l'objet de plaintes de deux autres anciennes assistantes, dont l'une a débouché sur une condamnation pénale devenue définitive. "Depuis, je suis devenu extrêmement vigilant avec mes employées", assure-t-il. "J'ai vécu cette peine comme une grosse injustice, mais je l'ai prise en compte... Je sais que j'ai une épée de Damoclès au-dessus de la tête : la moindre sirène de police me fait peur."

 

"Mon bureau est toujours ouvert, mais pourtant elle ne m'en a jamais parlé... C'est pour ça que j'étais abasourdi quand j'ai su qu'elle avait déposé plainte", a ajouté cet habitant de Carquefou, marié et père de trois enfants.

 

"Monsieur n'a vraiment pas de chance avec ses assistantes dentaires : toutes se plaignent de propos désobligeants ou de se faire coincer dans un couloir", ironise pour sa part le procureur de la République. "Il se présente comme un mari modèle, pleinement satisfait par sa vie de couple, mais il a quand même admis avoir couché avec une employée dans son cabinet, où travaille son épouse ! Et si elle n'a pas porté plainte, c'est juste parce que, elle, elle était consentante."

 

Le tribunal correctionnel de Nantes, qui a mis son jugement en délibéré, rendra sa décision le 3 mars prochain./GF (PressPepper)

 

 

 

 

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