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7 octobre 2015 à 10h01 par Anthony MARSAIS

Saint-Aubin-des-Châteaux : ivre, il avait poignardé son ancien collègue

Les deux hommes avaient consommé chacun 5 litres d'alcool...L'un s'était énervé pour une histoire de ménage. L'autre avait répondu par deux coups de couteau.

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Un habitant de Pont-L'Abbé (Finistère) a été condamné mardi soir à deux ans de prison, dont un ferme, pour avoir poignardé le 25 août dernier un ancien collègue de travail qu'il était initialement venu aider à rénover sa maison en pierre à Saint-Aubin-des-Châteaux.

 

Un chauffeur routier au chômage de 53 ans avait en effet porté ce soir-là deux coups de couteau au thorax à sa victime, ce qui avait valu deux mois d'incapacité temporaire de travail (ITT).

 

La scène s'était produite alors que les deux hommes avaient bu chacun "cinq litres de bière et de vin blanc" au cours de la journée, dans un bar de la commune puis au domicile de la victime. Mais une dispute avait éclaté entre eux le soir, quand la victime avait retrouvé son salon sali, après s'être assoupie sur son canapé.

 

"Il s'est mis en furie, et a commencé à me dire que ça ne se passait pas comme ça chez lui", raconte le prévenu. "Il m'a alors donné un coup de boule, puis deux coups de poing par derrière... Moi, avec le couteau, je ne voulais pas le blesser, je voulais juste lui faire peur ! Ca fait un moment que je le connais, et je ne l'avais jamais vu comme ça, en train de péter les plombs et de sortir de ses gonds... Tout ça pour une histoire de traces sur le carrelage, c'est fort, quand même !".

 

"Je voulais juste le faire reculer, qu'il arrête de me taper, qu'il se calme, quoi !", ajoute le prévenu. "J'ai d'ailleurs eu peut-être plus peur que lui : les coups, ça fait mal aussi, madame la présidente...".

 

IL BOIT POUR TROMPER SON "ENNUI"

 

"Quand je me suis réveillé, j'ai vu ma maison sens dessus-dessous, avec de la terre partout", corrige sa victime, qui porte trace sur le corps de deux estafilades de 12 et 30 cm. La substitut du procureur avait ainsi requis deux ans de prison, dont dix-huit mois fermes, en raison de la gravité des faits ; mais elle n'avait pas demandé de mandat de dépôt, laissant la possibilité à un juge d'application des peines (JAP) d'accorder par exemple au prévenu un bracelet électronique.

 

C'est d'ailleurs ce dernier qui avait appelé les secours, après avoir vu son ancien collègue s'effondrer au sol alors qu'il se dirigeait chez des voisins. Le prévenu avait toutefois lavé au préalable dans l'évier son couteau - dont il se servait initialement pour "préparer la cuisine", a-t-il précisé - et nettoyé les traces de sang - "parce que je marchais dedans".

 

Condamné par le passé pour un accident de la route corporel, qu'il avait provoqué après avoir bu, il a aussi confirmé à l'audience qu'il buvait "occasionnellement", pour tromper son "ennui", depuis son licenciement il y a deux ans et demi. Depuis, l'homme vit de petits boulots chez les particuliers, comme ceux qu'il était venus faire chez son ancien collègue.

 

Outre sa peine de prison ferme aménageable, le tribunal correctionnel de Nantes l'a également contraint à suivre des soins en lien avec son problème d'alcool pendant deux ans, et lui a fait obligation de chercher un travail ou une formation. Il sera également interdit au prévenu, pendant cette période, de porter une arme. 

 

Il devra enfin payer une provision de 5.000 €, dans l'attente de l'audience sur intérêts civils, qui déterminera le 29 avril prochain le montant définitif des dommages et intérêts qu'il devra verser à son ancien collègue de travail./GF (PressPepper)

 

 

 

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