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30 septembre 2015 à 20h04 par Anthony MARSAIS

Prison ferme pour le papa qui avait tué son fils en voiture

Un père de famille originaire d'Aigrefeuille-sur-Maine a été condamné ce mercredi à Nantes à 3 ans de prison dont deux ans avec sursis. Ivre, il avait été victime d'un accident de la route à Brains en août 2014. Son fils, âgé de 3 ans et demi, était décédé. Ecoutez le témoignage de son ex-compagne.

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Crédit: - Caroline, la maman du petit Lilian, décédé dans l'accident.

Trois ans de prison, dont un ferme, ont été prononcés mercredi contre un automobiliste d'Aigrefeuille-sur-Maine jugé pour "homicide et blessures involontaires" après l'accident qui a coûté la vie à son fils de 3 ans et demi, le 2 août 2014 à Brains, et grièvement blessé sa fille de 5 ans.

 

Le tribunal correctionnel de Nantes n'a toutefois pas prononcé de mandat de dépôt à l'issue de l'audience à son encontre, laissant la possibilité à un juge d'application des peines (JAP) de décider des modalités d'exécution de sa peine de prison ferme (incarcération, semi-liberté, bracelet électronique...).

 

Les juges ont par ailleurs prononcé l'annulation du permis de conduire du prévenu, et lui ont interdit de repasser les épreuves pendant les quatre prochaines années. Il devra aussi suivre des soins et rembourser les parties civiles, s'il ne veut pas voir sa peine de prison avec sursis transformée en prison ferme.

 

La nuit des faits, cet homme de 32 ans avait en effet percuté un muret sur la route départementale D211, entre Brains et Le Pellerin, avant de terminer sa course dans un ruisseau en contrebas. Il roulait alors sur cette petite route en travaux à une vitesse estimée "entre 55 et 60 km/h", alors que des panneaux la limitaient à 30 km/h. Une épaisseur "inappropriée" de gravillons avait aussi été relevée par l'expert.

 

1,04 G D'ALCOOL DANS LE SANG... CINQ HEURES APRES LE DRAME

 

"Je me souviens avoir vu la voiture partir, comme en aquaplaning", raconte ainsi le prévenu, condamné à trois reprises pour "excès de vitesse" depuis 2008. Il a aussi maintenu que ses enfants avaient bel et bien bouclé leur ceinture de sécurité, contrairement à ce qu'ont affirmé les premiers témoins de l'accident et sa propre fille.

 

Surtout, ce conducteur de bennes à ordures avait encore 1,04 g d'alcool par litre de sang cinq heures après le drame. Il avait en outre déjà été condamné en octobre 2010 pour "blessures involontaires" à deux mois de prison avec sursis et à une suspension de deux ans de son permis de conduire, après avoir pris la fuite suite à un grave accident corporel. Il n'était alors pas sous l'emprise de l'alcool, selon lui, mais a été contredit sur ce point par son ex-femme à l'audience.

 

Ecoutez le témoignage de Caroline, la maman des enfants.

Écouter Son ex-compagne raconte la soirée du drame

 

"A l'époque, je buvais occasionnellement, quand j'étais en fête... Depuis, je ne bois plus du tout", avait affirmé, un peu plus tôt, son ex-mari. Le jour des faits, il avait ainsi vidé "deux ou trois verres de vin blanc" chez un ami et "trois ou quatre de Ricard" chez un autre, entrecoupés par un passage au Mc Donald's. Mais le prévenu a maintenu à l'audience que, pour lui, la cause principale de l'accident demeurait "les gravillons" de la route départementale.

 

LA RESPONSABILITE DE SON AMI EN QUESTION

 

Lui-même n'était pas sorti indemne de l'accident : outre un pied écrasé, il avait eu un bras, la mâchoire et un fémur cassés. 

 

"La limitation de vitesse, ce n'était pas une invitation, c'était une interdiction", a rappelé de son côté le substitut du procureur. Le représentant du ministère public a également critiqué le rôle de l'ami chez qui le prévenu avait passé la soirée, "qui aurait été bien inspiré de ne pas laisser cet homme prendre la route avec ses enfants en pleine nuit".

 

En conséquence, il avait requis dix-huit mois de prison et la révocation des deux autres qui avaient été prononcés avec sursis en 2010, soit vingt mois d'emprisonnement, mais là encore sans incarcération immédiate. Le parquet avait surtout demandé au tribunal d'annuler le permis de conduire du prévenu et de lui interdire de repasser les épreuves pendant sept ans, une période exceptionnellement longue.

 

La maman du petit garçon décédé se dit en partie satisfaite du jugement du tribunal, mais déplore l’absence de prise de conscience de son ex-mari.

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L'homme sera par ailleurs fixé le 25 mars 2016 sur le montant des dommages et intérêts qu'il devra verser à son ex-belle-famille, qui s'était constituée partie civile,/GF (PressPepper)

 

 

 

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