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19 janvier 2016 à 15h53 par Hélène Hamon

Meurtre d'Anne Barbot : le mari et accusé avance une nouvelle version des faits

Accusé du meurtre de sa femme à Vritz en mars 2013, Didier Barbot s'est dédouané ce mardi en chargeant davantage sa maîtresse, elle aussi accusée dans ce dossier.

RCA
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La cour d'assises de la Loire-Atlantique s'est penchée mardi sur les "leurres" et les "fausses pistes" laissées par Didier Barbot dans l'enquête sur l'assassinat de son épouse Anne, qu'il avait en réalité tuée avec l'aide de sa maîtresse dans le garage de sa maison à Vritz en mars 2013.

"Il a soufflé le chaud et le froid... Quelque part, il nous manipulés", a admis l'adjudant Philippe Métivier, qui a dirigé une partie de l'enquête sur la mort de la caissière du Super U de Candé (Maine-et-Loire). "Il ment constamment... Certains de ses proches se sont même remémorés qu'il disait que, s'il mettait la main sur celui qui avait fait cela, il lui ferait la peau." Présenté comme "sûr de lui", "serein" et "tranquille", l'agriculteur n'avait ainsi "pas affiché d'émotion" devant les gendarmes.

L'enquêteur s'est montré plus nuancé pour dire si la "marche blanche" en mémoire de sa femme ou le rassemblement devant la gendarmerie de Saint-Mars-la-Jaille pour faire accélérer l'enquête étaient à son initiative ou à celle de ses proches.

"Il a répondu présent à chaque fois qu'un journaliste voulait l'interroger, alors qu'il aurait très bien pu décliner", a simplement constaté le gendarme. "Je dirais qu'il a pris le train en marche, mais qu'il s'en est très bien accommodé."

CONFONDUS PAR LA TELEPHONIE

En attendant, les "fausses pistes" laissées par Didier Barbot (chéquier et chaussette jetés au fossé, dénonciation d'un voisin, signalement de la "disparition" d'un sac de sport...) ont indirectement nui aux brigades de gendarmerie locales, dont les effectifs ont été temporairement déplumés pour renforcer la cellule d'enquête.


L'homme et sa maîtresse avaient finalement été confondus par l'exploitation de la téléphonie mobile, une donnée jugée "capitale" dans cette affaire par l'avocat général Pierre Dupire : le numéro de Stéphanie Livet avait borné le soir du crime dans la forêt de Saint-Michel-et-Chanveaux (Maine-et-Loire), où avait été retrouvé le corps calciné d'Anne Barbot.

L'adjudant Philippe Métivier pense également que l'agriculteur de Vritz et sa maîtresse se sont "manipulés l'un l'autre" dans cet assassinat. "Elle était totalement amoureuse de lui, mais je ne suis pas sûr que ce soit complètement réciproque", estime le gendarme. "D'un autre côté, Stéphanie Livet a manipulé Didier Barbot, en lui faisant croire qu'il était le père de son fils... On sentait qu'elle était de plus en plus pressante, et qu'elle était en attente de quelque chose."

NOUVELLE VERSION DE DIDIER BARBOT

Cette quatrième journée du procès a également été l'occasion pour Didier Barbot de revenir partiellement sur ses aveux : il n'a finalement admis mardi n'avoir donné "qu'un coup de bûche" à son épouse dans l'obscurité de leur garage, après que sa maîtresse ait coupé l'électricité, et laissé la responsabilité d'un coup de galettoire à cette dernière.

Lors de l'enquête, Stéphanie Livet avait pour sa part déclaré avoir asséné un premier coup de bûche à sa rivale, avant que son amant ne prenne le relais. Didier Barbot avait également étranglé lui-même son épouse avec un fil de nylon, après que sa maîtresse ne soit pas parvenue à le faire, une version qu'elle a constamment maintenue.

 

Écouter L'avocat de la partie civile revient sur la personnalité trouble de Didier Barbot


Les deux "amants diaboliques" de Vritz devraient confronter leurs versions de l'enchaînement faits ce mercredi. Le verdict des jurés de la cour d'assises sera, quant à lui, rendu ce vendredi.

 

 

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