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11 avril 2016 à 18h49 par Hélène Hamon

Manifestation anti-loi travail : trois lycéens condamnés après les débordements de samedi à Nantes

Trois lycéens âgés de 19 et 20 ans ont été condamnés ce lundi à des heures de travail d'intérêt général ainsi qu'à de la prison avec sursis après les heurts survenus samedi dernier à Nantes, en marge de la manifestation contre la loi El Khomri.

RCA
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Trois lycéens de 19 et 20 ans jusqu'alors inconnus de la justice ont été condamnés lundi en comparution immédiate à des peines allant de soixante heures de travail d'intérêt général (TIG) à deux mois de prison avec sursis, après les heurts qui ont suivi la manifestation contre la loi Travail, samedi, à Nantes.

 

La peine la plus importante a été prononcée envers une élève du lycée Jean-Perrin de Rezé : la jeune femme aurait jeté "au moins deux pierres" sur les forces de l'ordre, d'après un policier de la Brigade anti-criminalité (BAC) qui a assisté à la scène.

 

Il lui était également reproché d'avoir tagué le slogan "Je suis casseur" sur des panneaux de signalisation, à l'aide du pochoir et des bombes de peinture retrouvés dans son sac à dos. La lycéenne avait par ailleurs été arrêtée en possession d'un masque de ski, de sérum physiologique pour contrer les effets des gaz lacrymogènes et de "tracts anti-police".

 

A l'audience, la prévenue - qui ambitionne de "faire de l'humanitaire en Afrique et en Asie, avant de revenir en France pour être tatoueur ou pierceur" - a soutenu s'être retrouvée samedi au milieu des heurts "par hasard", alors qu'elle était venue initialement "manifester pour défendre nos droits".

 

"LES POLICIERS ONT DU SE TROMPER DE PERSONNE"

 

"Elle n'était pas là par hasard, c'est clair et net : elle était très impliquée dans ce petit groupe qui recherchait l'affrontement", a répliqué le policier qui l'a arrêtée. "Ces groupuscules, qui avancent avec des boucliers, s'inspirent de techniques policières et militaires : ils copient les techniques des compagnies d'intervention de CRS."

 

La procureure de la République avait ainsi requis trois mois de prison avec sursis à son encontre, avec interdiction de revenir à Nantes pendant les trois prochains mois - un point que le tribunal n'a pas suivi.

 

Un autre jeune de Saint-Aignan-de-Grandlieu, a lui écopé de soixante heures de travail d'intérêt général après avoir été arrêté parmi "la horde" de casseurs qui avait vandalisé l'arrêt de tram Hôtel-Dieu.

Porteur d'un foulard "pour se protéger des gaz lacrymogènes" et de gants "pour renvoyer les grenades lacrymogènes", cet élève du lycée de la Joliverie de Saint-Sébastien-sur-Loire a été reconnu par un fonctionnaire de la Brigade anti-criminalité (BAC) après avoir "jeté un caillou" sur les forces de l'ordre.


"C'était la première fois que je manifestais... Les policiers ont dû se tromper de personne : je n'ai jamais rien jeté", s'est défendu en vain ce jeune de 19 ans, à l'audience.

 

Enfin un autre élève du lycée de la Joliverie, a lui aussi réfuté avoir jeté des projectiles sur les policiers et gendarmes mobiles : ce jeune de Saint-Sébastien-sur-Loire soutenait même qu'il avait précisément "l'intention" de se débarrasser de la pierre qu'il tenait dans la main au moment de son interpellation. Il a finalement été condamné à soixante-dix heures de travail d'intérêt général par le tribunal correctionnel de Nantes./GF

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