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20 avril 2016 à 7h52 par Anthony MARSAIS

Le technicien de maintenance volait les batteries de secours du réseau d'Orange

Il aurait encaissé 26 000 euros en les revendant. Cet habitant de Bouguenais écope de 6 mois de prison avec sursis.

RCA
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Un employé d'un sous-traitant d'Orange a écopé mardi de six mois de prison avec sursis, pour avoir volé 376 batteries de secours à l'opérateur télécoms, à Héric, Pornic, Les Lucs-sur-Boulogne, Saint-Hilaire-de-Riez, Palluau, Mouilleron-en-Pareds, Saint-Philbert-de-Bouaine et Angles.


Ces batteries, qui pèsent de 20 à 80 kg chacune, se trouvaient dans des locaux techniques de l'opérateur télécoms : elles visent à sécuriser l'alimentation électrique du réseau téléphonique filaire en cas de panne.


Cet habitant de Bouguenais de 36 ans aurait ainsi gagné en l'espace d'un an près de 26.000 € en les revendant dans des entreprises de recyclage. Il a affirmé avoir agi seul, bien que le poids des batteries laisse à penser le contraire ; il se servait pour cela de badges d'accès censés être nominatifs, qui passaient en réalité de main en main dans l'entreprise.


"Souvent, on a tendance à pester contre les défaillances du réseau et les factures qui sont toujours trop chères, mais l'entretien du réseau, c'est quelque chose d'extrêmement complexe", a souligné Me Agathe Bignan, l'avocate d'Orange. "Ce réseau filaire est capital : la gendarmerie ou les hôpitaux, on les appelle toujours sur un fixe, jamais sur un 06 !"


UNE "TOLERANCE" INTERNE A L'ENTREPRISE


Quatre mois de prison fermes avaient été requis par le procureur à l'encontre du prévenu, déjà condamné huit fois par le passé. Mais son avocat avait fait valoir que ces "vols" étaient en réalité "une tolérance" chez son employeur. "C'était un usage, comme il en existait aux chantiers navals de Nantes, où on pouvait repartir avec des morceaux d'aluminium."

 

Ecoutez Me Yvan Trebern.

Écouter Me Trébern

 

L'avocat de la défense avait également souligné que son client n'avait jamais cherché à se cacher : il se présentait sous son vrai nom dans les sociétés de recyclage, en venant avec son véhicule de fonction. Il a également mis en doute la valeur neuve des batteries de secours, évaluée à 58.000 € par Orange... mais qui n'a pu présenter que des devis aux gendarmes.


Me Yvan Trebern avait enfin plaidé la clémence du tribunal pour cet homme marié et père de trois enfants, qui vient de faire un crédit immobilier pour faire construire sa maison, alors que sa femme ne travaille pas. Celui-ci était d'ailleurs absent à l'audience : il travaille aujourd'hui comme technicien réseau en haut des pylônes électriques.


Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné au final le technicien de maintenance à payer 600 € à Orange pour ses frais de justice. Il l'a toutefois dispensé de payer les 58.000 € de dommages et intérêts réclamés par l'opérateur, faute de justificatifs. "C'est insensé qu'une entreprise comme Orange soit incapable de présenter des factures d'achat, alors que ces installations sont censées être capitales pour le réseau", a justifié le président lors de l'énoncé du jugement./GF (PressPepper)

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