Actualités Pays-de-la-Loire 

5 mars 2016 à 8h33 par Valentin Esteve

Héric : le beau-père tortionnaire condamné à 15 ans de réclusion criminelle

Il avait torturé les enfants de sa compagne pendant de longs mois en 2014 à Héric. Le beau-père tortionnaire a été jugé par la cours d'assises de Loire-Atlantique vendredi. Les réquisitions de l'avocate générales ont été suivies par les jurés.

RCA
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La cour d'assises de la Loire-Atlantique a condamné vendredi soir J. B. à quinze ans de réclusion criminelle et à une interdiction du territoire français, pour les "actes de torture et de barbarie" qu'il avait fait subir aux trois enfants de sa compagne entre février et juin 2014 dans leur maison d'Héric.

 

Le verdict des jurés s'avère au final conforme aux réquisitions de l'avocate générale à l'égard de ce Tunisien sans papiers de 27 ans, qui infligeait des douches froides à ses victimes de 7, 8 et 15 ans en les frappant avec un tuyau, qui leur donnait des coups de poing ou qui les obligeait encore à faire continuellement des pompes ou des combats de boxe. Le petit garçon de la fratrie était également réveillé chaque nuit sous prétexte de l'empêcher de faire pipi au lit, tandis que l'aînée était contrainte de raser à blanc les crânes de son frère et de sa soeur.

 

L'alerte avait finalement pu être donnée grâce à la directrice de l'école des enfants, qui s'inquiétait de leurs absences de plus en plus fréquentes : la plus jeune des filles était ainsi systématiquement absente le vendredi, jour où sa classe allait à la piscine... Après avoir exigé de les voir, l'enseignante les avait vu arriver avec des casquettes, pour masquer leurs crânes rasés, tandis que leurs hématomes étaient dissimulés par du fond de teint. Au total, soixante-dix lésions indépendantes - dont une fracture du doigt - avaient ainsi été recensées sur le corps de la cadette. De façon plus générale, les experts avaient été "sidérés" par leurs blessures, qui faisaient penser à celles d'enfants sortant de "camp de concentration" ou bien d'enfants de "réfugiés".

 

DES REGRETS "SUPERFICIELS"

 

J. B. avait en fait pris la place du père des enfants, qui s'était pendu en juillet 2011, après avoir rencontré leur mère par le biais d'un site de rencontres. Le couple s'était alors marié en septembre 2013 en Tunisie, avant que l'accusé ne vienne en France en février 2014 et ne commencent alors "80 jours de cauchemar" pour la fratrie. L'homme - qui se dit "autoritaire, un peu dur mais pas violent" - a été décrit par les psychiatres comme "ayant une assez haute idée de lui-même" et "plutôt psychorigide et égocentrique". Ses regrets sont également "superficiels et peu authentiques", ont noté les médecins. Au cours de son procès, l'intéressé a mis ses violences sur le compte de l'alcool, un élément qu'il n'avait pourtant pas donné aux gendarmes, ni au juge d'instruction, au cours de l'enquête.

 

La mère des enfants, qui n'avait pas supporté d'être mise en examen pour "non-dénonciation de crime", s'était pour sa part pendue à son tour en juillet 2014, presque trois ans jour pour jour après son premier mari. Les trois orphelins ont depuis été placés auprès des services sociaux du Département, qui s'était constitué partie civile pour eux. "Monsieur s'est cru prince en son royaume, en ayant tous les droits sur ses sujets", avait fustigé l'avocate générale dans ses réquisitions, vendredi matin. "Dans cette maison, on attendait pourtant bien un prince, mais un prince charmant, pour redonner le sourire à la maman. Il s'est avéré être un prince funeste, un tyran."

 

"Il ne supporte pas les enfants, tout simplement... Devant les gendarmes, il a d'ailleurs dit que ceux de sa compagne étaient "nuls", et que s'il fallait leur mettre une note entre 0 et 10, il leur mettrait 1", avait-elle souligné.

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