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1er juillet 2016 à 5h53 par Valentin Esteve

Geneston : leur nouveau voisin, déguisé en soldat nazi, "jouait à la guerre tout seul"

Un habitant de Geneston, a été condamné jeudi à de la prison avec sursis. En mai il avait menacé piétons et automobilistes, déguisé en soldat nazi.

RCA
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Un habitant de Geneston a été condamné jeudi en comparution immédiate à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nantes, après avoir "joué tout seul à la guerre" le 15 mai dernier et mis en joue piétons et automobilistes... alors qu'il était déguisé en soldat nazi.


 


L'homme âgé de 50 ans, devra en outre se plier à une mise à l'épreuve de deux ans, durant lesquels il aura obligation de se soigner et interdiction de détenir une arme. Il lui sera également interdit de paraître à Geneston à compter du 1er octobre prochain, date à partir de laquelle il a affirmé qu'il allait emménager avec sa nouvelle compagne. Outre 1.400 € de dommages et intérêts à ses voisins, l'individu devra enfin payer une amende de 200 € au Trésor public pour avoir exhibé une croix gammée, des faits qui lui ont valu d'être déclaré coupable de "port d'uniforme, d'insigne ou d'emblème rappelant ceux d'une organisation déclarée criminelle par le tribunal militaire international de Nuremberg".


 


Le dimanche des faits, vers 18h, cet homme originaire d'Alençon (Orne) avait en effet commencé à "faire des roulades par terre" dans son jardin de la rue d'Anjou. Arrivé un mois plus tôt dans le quartier, il avait ensuite tiré "sur les oiseaux et les nuisibles" à l'aide d'une réplique de fusil allemand plus vraie que nature.


 


IL SE DISAIT "ANCIEN CASQUE BLEU AU KOSOVO"
Dans un premier temps, le prévenu avait assuré à son nouveau voisin qu'il était en fait "un ancien Casque Bleu du Kosovo", qu'il entendait organiser "une reconstitution militaire dans son jardin" un mois plus tard, ou encore qu'il allait "couler une dalle de béton pour faire venir un char d'assaut"... Mais peu après, le voisin l'avait vu pointer son canon sur sa femme, juste au-dessus leur muret de séparation, alors que celle-ci s'était allongée sur un transat dans son jardin !


 


Les gendarmes, appelés à la rescousse, avaient alors retrouvé chez lui tout un arsenal d'armes de guerre (grenades, masques à gaz, munitions...). "C'est par passion de la collection, et non par idéologie", a insisté le prévenu, qui entendait justement en "faire don" au Musée de la Poche de Saint-Nazaire, à Batz-sur-Mer, lors de ses vacances d'été. Sur le fond de l'affaire, l'homme - qui n'avait fait au final aucun blessé - n'a dit "se souvenir de rien" : au moment de l'arrivée des gendarmes, il avait 1,6 g d'alcool dans le sang, après avoir passé la nuit précédente à boire avec deux amis.


 


"Je n'en dors pas, j'en suis malade... J'ai tellement honte que je n'ose plus sortir", a affirmé à l'audience cet ancien habitant de Château-Thébaud, père de deux enfants et qui vit seul. Ce livreur-monteur en mobilier avait pourtant un "lourd passé familial" en matière d'armes, a relevé le président : son frère est mort à 14 ans lors d'un accident de chasse.


 


DES CONSEQUENCES POUR L'ASSISTANTE MATERNELLE
Sept mois de prison avec sursis, une mise à l'épreuve de deux ans et une interdiction immédiate de paraître à Geneston avait été requise à son encontre par le procureur de la République. "Ce n'est pas rien de se balader avec un uniforme nazi... Tout cela a un sens, et ce sens est effroyable", avait appuyé le représentant du ministère public dans ses réquisitions. "Ce sont des choses avec lesquelles il ne faut pas jouer... Son comportement est inconséquent."


 


Son attitude a en effet eu des répercussions inattendues sur sa voisine, qui est assistante maternelle. "Certains parents ont déjà fait état de leur intention de ne plus lui confier leurs enfants", a assuré leur avocat, qui avait demandé 6.000 € pour le couple et ses deux enfants de 10 et 12 ans. "Aujourd'hui, mes clients sont inquiets pour leur avenir économique."


 


"Son mari s'est efforcé récemment de ressortir la piscine gonflable, pour passer à autre chose, même s'il sait qu'il ne compte pas l'utiliser", a-t-il ajouté. Une audience sur intérêts civils aura finalement lieu le 10 février 2017 pour évaluer le montant total des dommages et intérêts que devra leur verser le prévenu au titre de leur "préjudice économique".

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