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24 septembre 2015 à 6h24 par Anthony MARSAIS

Bouguenais : les ennuis judiciaires continuent pour "l'émir" de Forsane Alizza

Mohamed Achamlane, condamné cet été à 9 ans de prison, comparait ce jeudi à Nantes pour avoir produit de faux documents pour obtenir des aides sociales.

RCA
Crédit: - Condamné cet été à Paris, Mohamed Achamlane sera jugé cette fois à Nantes.

Condamné en juillet à Paris à neuf ans de prison pour "association de malfaiteurs", Mohamed Achamlane, 37 ans, sera à nouveau jugé ce jeudi, cette fois-ci pour une "fraude" aux prestations sociales commise à Bouguenais entre 2010 et 2012.


 


"L'émir" et fondateur de Forsane Alizza ("Les Cavaliers de la Fierté"), un groupuscule islamiste dissous en mars 2012 pour avoir envisagé des actions violentes contre des "ennemis de l'islam", doit comparaître en compagnie de son épouse, âgée de 30 ans, et de sa sœur, âgée de 35 ans.


 


Tous trois sont soupçonnés d'avoir produit de fausses attestations de domicile, pour toucher des APL (Aide Personnalisée au Logement) indues ou bien le RSA (Revenu de solidarité active).


 


Leur procès devant le tribunal correctionnel de Nantes n'est pas sans rappeler celui en 2011 de Liès Hebbadj, qui s'était vu subitement reprocher des fraudes aux allocations familiales après avoir médiatisé l'année précédente le procès-verbal adressé à son épouse, alors qu'elle conduisait sa voiture en étant voilée.


 


L'épicier de Rezé, autre commune du sud de l'agglomération de Nantes, avait aussi été accusé de "polygamie de fait", en plein débat sur l'interdiction du voile intégral dans les lieux publics. Les multiples procédures engagées à son encontre s'étaient finalement soldées par des non-lieux et des relaxes partielles.


 


"Au début de la procédure, il y eut une énergie incroyable et un nombre incalculable d'enquêteurs déployés à passer la vie de M. Hebbadj au peigne fin", se souvient son avocate de l'époque. "D'ordinaire, c'est pourtant le genre de dossiers qui se règle à l'amiable avec la Caisse d'allocations familiales."


 


"On partait d'un dossier extrêmement volumineux, avec des déclarations tonitruantes du ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux, qui agitait le pantin du "mauvais musulman"", se rappelle encore Me Cécile de Oliveira. "Je ne peux pas dire qu'il y a eu des instructions politiques pour mener ces investigations, mais on peut simplement constater qu'il y avait une forte volonté politique que M. Hebbadj soit jugé pour un maximum de délits... Il est dommage de mettre autant d'énergie dans un but de communication politique."


 


Son client est ressorti, au final, "traumatisé" de ces poursuites judiciaires. Quand elle a récupéré son dossier, Cécile de Oliveira avait d'ailleurs "tout fait pour démédiatiser" Liès Hebbadj. "Au final, je suis tombée sur des magistrats intègres et modérés, qui ont traité cette affaire de façon raisonnable", conclut l'avocate./GF (PressPepper)


 


 


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