Actualités Pays-de-la-Loire 

18 mars 2016 à 5h57 par Anthony MARSAIS

Amende pour la copropriétaire de l'hôtel de la Duchesse-Anne, tombé en ruines

L'ancien hôtel est aujourd'hui en ruines à Nantes. La gérante aurait refusé d'effectuer les travaux d'urgence, finalement réalisés par Nantes Métropole. Elle se dit bouc-émissaire dans cette affaire.

RCA
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Une amende de 50.000 € a été prononcée jeudi à l'encontre de la société civile immobilière (SCI) propriétaire de l'hôtel de la Duchesse-Anne, dévasté par un incendie accidentel en 2004 et tombé en ruines depuis, pour ne pas avoir fait les travaux imposés par un arrêté de "péril imminent" édicté en 2014 par la mairie de Nantes.


 


Le tribunal correctionnel de Nantes a également infligé une amende de 10.000 € pour la gérante de la SCI, au sein de laquelle cette femme de 74 ans est associée avec le promoteur immobilier Giboire.


 


"J'ai toujours été d'accord pour faire les travaux, mais Giboire ne s'est jamais préoccupé de la SCI... Il est resté bien silencieux, seul dans son coin", s'est défendue cette habitante de Grandchamp (Yvelines), qui a hérité de ce bâtiment prestigieux situé face au château des Ducs de Bretagne à la mort de son mari.


 


L'enquête a pourtant permis d'établir que le promoteur s'était heurté à un "refus catégorique et soudain" de l'intéressée au moment de signer les devis qui lui avaient été soumis : plus de 1,1 million d'euros de travaux étaient en jeu.


 


"La mairie nous demandait de faire quelque chose d'impossible... La preuve : depuis, c'est tout autre chose qui a été fait", souligne l'avocat de la gérante, "estomaqué" que Giboire ne soit pas jugé aux côtés de sa cliente.


 


"BOUC-EMISSAIRE"


 


La septuagénaire s'est ainsi présentée en "bouc-émissaire" dans cette affaire. "Je ne suis pas seule dans la SCI, j'avais un spécialiste de l'immobilier à mes côtés", a-t-elle martelé. Interrogée par le président, elle a confirmé à demi-mot son intention de vendre à terme ses parts dans la SCI. "Il y a eu une prise de contact par Giboire, et une offre de prix, mais après ça a été le silence total... On ne peut pas dire qu'il y a eu négociations", a-t-elle précisé à l'audience.


 


"Vous avez intérêt à ce que ce bâtiment ne tombe pas en décrépitude : il ne vous rapporte rien depuis 2004, mais vous payez des impôts dessus", lui fait remarquer le président du tribunal correctionnel de Nantes, qui peine à comprendre la logique d'une telle "inertie". "La réponse est simple : madame n'a pas l'intention de bourse délier, malgré la bonne volonté du groupe Giboire", lui a répondu le procureur de la République dans ses réquisitions.


 


Depuis l'arrêté de "péril imminent" de la mairie de Nantes, la communauté urbaine a pris l'initiative des premiers travaux d'urgence, qui ont consisté ces derniers mois à écrêter le bâtiment et n'en garder que ses façades classées. Leur coût, évalué à 350.000 €, a été avancé par Nantes Métropole, qui a contraint ses propriétaires à les lui rembourser.


 


Près de 500.000 € avaient déjà été dépensés par le passé pour installer des échafaudages et un "toit parapluie" pour protéger l'édifice, mais ils avaient dû être retirés après avoir été mis à mal par les tempêtes successives./GF (PressPepper)


 

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