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25 janvier 2016 à 17h55 par Anthony MARSAIS

"Amants diaboliques" de Vritz : 30 ans de prison pour Didier Barbot, 25 pour sa maîtresse

La cour d'assises de la Loire-Atlantique a condamné lundi Didier Barbot à trente ans de réclusion criminelle, et sa maîtresse Stéphanie Livet à vingt-cinq, pour l'assassinat de son épouse Anne en mars 2013 à Vritz, une peine conforme aux réquisitions de l'avocat général.

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"La différence fondamentale, c'est que Didier Barbot a tué sa propre femme, une circonstance aggravante au regard de la loi, alors que Stéphanie Livet a tué sa rivale", avait justifié Pierre Dupire en début de matinée.


 


"Didier Barbot était la bombe, Stéphanie Livet le détonateur", avait résumé au final le représentant du ministère public, qui a filé la métaphore cinématographique pour parler de ce polar de série B.


 


"Ce n'est pas un film, n'en déplaise à Didier Barbot qui s'est pris pour un metteur en scène", avait ainsi déclaré Pierre Dupire, rappelant que l'accusé était un téléspectateur assidu de la série "Les Experts". Il avait également fustigé la "comédie suicidaire" de l'intéressé, quand il s'était enfermé dans sa voiture en raccordant l'habitacle aux gaz d'échappement.


 


"Quelle comédie ! Je ne dirais pas "Quel comédien", car ce serait lui faire honneur", avait raillé l'avocat général dans ses réquisitions. "On a pu assister à des scènes presque comiques, où Stéphanie court dans la boue pour secourir son Didier... Une scène presque romantique."


 


Le représentant du ministère public avait également critiqué la "grande mascarade macabre" de l'agriculteur de Vritz après la mort de sa femme, et son "goût certain pour la dramaturgie" : l'accusé avait en effet appelé le répondeur de son épouse après sa mort "juste pour entendre sa voix", alors qu'il se savait placé sur écoutes par les gendarmes...


 


Pierre Dupire avait également accusé cet homme "lâche" et "manipulateur" d'avoir "nourri le harcèlement" dont il se disait victime de la part de sa maîtresse, une femme "égocentrée" qui "utilise la mort de sa fille pour se mettre en avant".


 


Il avait ainsi estimé que la "collusion" était "totale" entre les deux "amants diaboliques", qui communiquaient "comme des trafiquants de drogue" avec des portables dédiés. La "froideur sidérante" de Didier Barbot, capable d'envoyer un SMS à sa maîtresse où il promettait de "faire avouer" à un suspect le meurtre de sa femme, a également ulcéré le magistrat.


 


L'avocat de Didier Barbot, Me Boëzec, se dit déçu mais lucide à l'énoncé de ce verdict. Il n'exclut pas que son client puisse faire appel. 


Écouter Maître Boëzec


 

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