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21 janvier 2016 à 11h34 par Hélène Hamon

Affaire Anne Barbot : Didier Barbot livre encore une nouvelle version devant les jurés

La cour d'assises de Loire-Atlantique a entamé ce jeudi matin le sixième jour de procès dans l'affaire Anne Barbot. Le mari de la victime, tuée en mars 2013 à Vritz, près d'Ancenis a donné une nouvelle version des faits devant la cour d'assises.

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Didier Barbot a été piégé jeudi par ses mensonges et ses contradictions, au sixième jour de son procès devant la cour d'assises de la Loire-Atlantique pour l'assassinat de son épouse Anne, à l'occasion de la confrontation de sa version avec celle de sa maîtresse Stéphanie Livet sur l'enchaînement des faits.

Leur projet criminel - évoqué "sur le ton de la plaisanterie" quelques mois plus tôt - ne se serait ainsi concrétisé que "dans les deux jours" précédant le meurtre, a d'abord affirmé l'agriculteur de Vritz, près d'Ancenis. Mais il a aussi reconnu, quelques minutes plus tard, avoir montré l'emplacement du compteur électrique "dans la semaine" précédente à sa maîtresse - que l'intéressée avait fait sauter, le soir du crime, pour plonger la maison dans l'obscurité.

Didier Barbot a aussi affirmé qu'il ne devait initialement que "cacher le corps" de son épouse, et que sa maîtresse devait tuer son épouse à l'aide d'une poële à galettes pendant que lui prétextait être aux toilettes. Il a également répété que Stéphanie Livet avait achevé son épouse en l'étranglant avec une corde, contrairement à ce que déclare sa maîtresse.

Depuis le début de l'enquête, celle-ci maintient en effet qu'elle devait donner un coup de bûche à Anne Barbot, mais que c'est son amant qui l'avait achevée en reprenant le morceau de bois et en l'étranglant. Les faits s'étaient produits alors que son fils de 19 mois attendait seul dans sa voiture, puis sur le canapé des époux Barbot.

"GROSSE EMPRISE"

Lors de l'instruction, Didier Barbot avait donné une toute autre version : il avait affirmé que sa maîtresse avait débarqué chez lui "comme une furie", au terme d'un "ultimatum" qu'elle lui avait donné pour qu'il divorce. Face à ses "silences", Anne Barbot aurait alors compris que son mari la trompait, et serait partie chez sa mère en le laissant seul "avec (sa) pouffiasse". Une altercation aurait alors éclaté entre les deux femmes, et Stéphanie Livet aurait achevé sa rivale.

Les différents éléments de l'enquête évoqués à l'audience ont également permis de battre en brèche la prétendue "impréparation" des faits, comme le soutient l'agriculteur de Vritz, qui aurait bien prémédité son geste.

"On a eu l'idée tous les deux, pas plus l'un que l'autre... On voulait peut-être faire notre vie ensemble, fonder une famille. On n'allait pas rester éternellement amant et maîtresse", a tenté d'expliquer jeudi Didier Barbot sur la genèse de leur projet. "Je n'arrivais pas à dire à ma femme que j'avais une relation avec une autre depuis plus de deux ans, que j'avais un petit garçon alors que cela faisait des années qu'on cherchait à avoir un enfant... Je n'ai pas trouvé d'autre solution."

"Ce que vous projetez de lui faire, c'est pourtant bien pire", lui a objecté la présidente de la cour d'assises de la Loire-Atlantique. "Il y avait pourtant 10.000 autres façons de s'y prendre...". "Mais moi, je n'en ai pas trouvé d'autre", a répondu l'accusé. "Stéphanie a une grosse emprise sur moi, je n'y peux rien."

L'agriculteur de Vritz a aussi avoué avoir menti, tout au long de l'enquête, pour que ses proches croient que "Didier - leur frère, leur fils, leur copain - n'est pas un criminel". "Il faut maintenant croire ce que je dis aujourd'hui... Tout le reste est faux", a-t-il lancé à la présidente, très dubitative.

Le verdict des jurés, qui était initialement attendu ce vendredi, sera finalement rendu lundi./GF (PressPepper)

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