Faits divers

Accident mortel au parc des Naudières à Sautron : prison avec sursis et amendes requises

31 mars 2016 à 21h41 Par Anthony MARSAIS
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Un employé était décédé dans des conditions effroyables à l'été 2011 au parc de loisirs. Le tribunal a requis de la prison avec sursis à l'encontre du gérant du parc et de la société de contrôle.

Un an de prison avec sursis et 6.000 € d'amendes ont été requis jeudi à l'encontre du gérant du parc d'attractions des Naudières à Sautron, après l'accident qui avait coûté la vie à un de ses saisonniers, le 12 août 2011, percuté par le train de son grand huit "le Roller Coaster".

 

Le parquet a également demandé au tribunal correctionnel de Nantes de prononcer 25.000 € d'amendes pour l'entreprise. Six mois de prison avec sursis et 2.000 € d'amende ont aussi été réclamés envers le gérant d'une société de contrôle technique spécialisée dans les manèges, qui avait délivré les agréments de sécurité à l'attraction. Enfin, le procureur a requis 5.000 € d'amende pour cette entreprise de Saint-Paul-du-Bois (Maine-et-Loire).

 

L'avocate des parties civiles a réclamé de son côté 25.000 € de dommages et intérêts pour la mère de l’employé décédé, 25.000 € pour sa compagne et 15.000 € pour chacun de ses quatre frères.


Cet étudiant en fac de sports à Poitiers, âgé de 24 ans, travaillait au moment des faits depuis deux mois sur le grand huit du parc des Naudières. Décrit comme "sérieux", "jovial" et "respectueux des règles de sécurité", il avait glissé pour une raison inconnue sur les rails de l'attraction, alors qu'il était censé devoir rester dans sa cabine. Coincé sous la structure, il avait été amputé sur place, avant de finalement succomber à ses blessures quelques heures plus tard.


UNE INSTALLATION "DEFECTUEUSE"


L'inspection du travail avait constaté que cette guérite était "défectueuse", puisque sa conception conduisait les employés à rester constamment à l'extérieur... alors que le bouton d'arrêt d'urgence se trouvait à l'intérieur. Elle nécessitait aussi deux ou trois employés, selon les sources, alors que la victime était seule en poste le jour des faits.

 

Le jeune saisonnier avait également eu droit à "formation insuffisante" de "deux ou trois heures", selon l'inspection du travail, qui avait été dispensée par un collègue lui-même formé par l'installateur.


Les gérants des deux sociétés - absents à l'audience pour "raisons médicales" pour l'un, et pour "obligations professionnelles" pour l'autre - avaient réclamé en vain, par le biais de leurs avocats, un quatrième renvoi de l'affaire.


"Mon client n'est pas un patron qui reste dans sa tour d'ivoire, sans se préoccuper de ses salariés, juste pour gagner du fric", insiste Me Amel Maugin, l'avocate du gérant du parc des Naudières. Cette dernière a donc plaidé pour un simple "accident malheureux" et une "glissade tragique", mais sans implications pénales.

 

Le tribunal correctionnel de Nantes, qui a mis son jugement en délibéré, rendra sa décision le 19 mai prochain.

 

Ecoutez l'avocate de la famille de la victime, Emmanuelle Poulard. Pour elle, l'accident n'est pas lié à la fatalité. 

Écouter Maître Poulard