Publié : 7h45 par Gwen BROT

Maquereau : amateurs et pros pris dans la même tempête

Face à l’effondrement des stocks en Atlantique, le gouvernement serre la vis. Quotas drastiques pour les professionnels, limite quotidienne et déclaration obligatoire pour les amateurs : la ressource inquiète et les tensions montent.

Maquerau : Une ressource au bord du point de rupture
Maquerau : Une ressource au bord du point de rupture

Le 13 décembre 2025, les États membres de l’Union européenne ont acté une réduction de 70 % des captures de maquereau au premier semestre 2026.
Une décision fondée sur les alertes du Conseil international pour l’exploration de la mer, qui estime les stocks de l’Atlantique proches du seuil critique.

Réchauffement climatique, déplacement des bancs vers le nord et absence d’accord global entre pays côtiers ont conduit à une surexploitation chronique depuis plus d’une décennie. Espèce clé de la chaîne alimentaire, le maquereau joue un rôle central dans l’équilibre des écosystèmes marins.

Professionnels : des quotas qui menacent l’équilibre économique

Pour les pêcheurs professionnels, la baisse brutale des volumes autorisés se traduit par moins de sorties en mer et une forte pression sur les revenus.
Habitués aux ajustements annuels, ils dénoncent néanmoins un tour de vis inédit par son ampleur.

Dans certains ports, la filière redoute déjà des répercussions en cascade sur l’emploi et les criées.

Amateurs : cinq poissons maximum et déclaration obligatoire

Depuis le 12 février 2026, les pêcheurs de loisir doivent déclarer leurs captures via l’application RecFishing, dans les 24 heures, même si le poisson est remis à l’eau.

Quelques jours plus tard, la ministre de la Mer, Catherine Chabaud, annonce une nouvelle règle : cinq maquereaux maximum par jour et par personne.

Une mesure nationale qui concerne l’ensemble du littoral et qui vise à mieux encadrer une pratique exercée par près de trois millions de Français.

Une fronde politique et un débat sur la méthode

La décision ne fait pas l’unanimité. Dix-sept députés, dont plusieurs élus bretons, ont adressé un courrier à la ministre pour dénoncer une mesure jugée précipitée.

Ils pointent l’absence de données consolidées issues de RecFishing et regrettent une concertation insuffisante. Leur proposition : remplacer la limite quotidienne par un quota annuel ou semestriel, plus adapté à des pratiquants dont la fréquence de sortie varie fortement.

Au-delà du débat technique, la question du partage de l’effort entre pêche industrielle, artisanale et de loisir reste au cœur des tensions.

Entre impératif écologique et survie économique, la gestion du maquereau cristallise désormais un enjeu plus large : préserver la mer sans fracturer ceux qui en vivent ou la pratiquent.


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