Publié : 9 janvier 2026 à 19h16 par Dimitri COUTAND

Les femmes à la tête de 26 % des entreprises, mais confrontées à des freins structurels, selon la CPME

Les entreprises dirigées par des femmes restent freinées dans leur développement malgré leur poids croissant dans l’économie. Dans une étude dévoilée ce vendredi 9 janvier, la Confédération des petites et moyennes entreprises alerte sur des blocages structurels persistants et appelle à un changement profond des règles du jeu.

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Crédit : Unsplash

Près de 26 % des entreprises actives en France sont aujourd’hui dirigées par des femmes. Pourtant, leur contribution au chiffre d’affaires global reste marginale : seulement 12,45 %, hors grandes entreprises. L’étude menée par les “Alfas de l’économie”, initiative portée par la CPME, met en évidence un écart majeur : le chiffre d’affaires moyen des entreprises féminines est 2,4 fois inférieur à celui des structures dirigées par des hommes, malgré une rentabilité souvent supérieure.

Selon l’organisation patronale, l’inégalité ne se joue plus au stade de la création, mais à celui du développement. Les entreprises portées par des femmes accèdent plus difficilement aux financements, notamment au capital-risque, essentiel dans les secteurs innovants comme l’intelligence artificielle. Résultat : les projets féminins sont souvent sous-financés, jugés moins valorisables économiquement.

Accélérer le développement de l'entrepreneuriat féminin

Ces obstacles ont un impact bien au-delà des parcours individuels. Le manque à gagner lié à la sous-croissance des entreprises dirigées par des femmes est estimé à 221 milliards d’euros par an. Un chiffre qui illustre, selon la CPME, un dysfonctionnement global du système économique français.

Pour corriger ces déséquilibres, la Confédération des petites et moyennes entreprises plaide pour un changement de paradigme : dispositifs de financement mieux adaptés, accès facilité aux grands marchés et meilleure articulation entre vie professionnelle et personnelle. Parmi les propositions figure aussi la création d’un statut spécifique pour les entrepreneures dans les politiques publiques de garde d’enfants, afin de sécuriser les phases clés de croissance des entreprises.

La CPME espère ainsi accélérer le développement de l’entrepreneuriat féminin et faire sauter un plafond de verre qui freine autant les dirigeantes que l’économie française dans son ensemble.


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