Publié : 13h02 par Titouan GUIBERT

COP17 : pourquoi la France est pleinement concernée par la désertification

La 17e Conférence des Nations unies sur la lutte contre la désertification s'ouvre ce lundi à Oulan-Bator, en Mongolie, jusqu'au 28 août. Alors que le monde fait face à une accélération des événements climatiques, ce sommet mondial remet au centre des débats un risque devenu désormais systémique.

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Crédit : Elysée

L'enjeu n'est plus seulement d'apporter une aide internationale aux pays vulnérables. En 2024, la France s'est officiellement déclarée comme le 170e pays affecté par la dégradation des terres et la désertification auprès des Nations unies. Avec le réchauffement climatique, une partie importante du littoral méditerranéen français bascule désormais dans des conditions de climat sec ou sub-humide, provoquant une perte de fertilité des sols, une baisse de la matière organique et une érosion accrue sous l'effet des vagues de chaleur successives.

En métropole, près de 1,4 % de la superficie du territoiren, soit plus de 750 000 hectares, est désormais touché par un processus de dégradation avancée assimilable à la désertification. Ce changement de statut contraint l'Hexagone à adopter une double posture lors des négociations d'Oulan-Bator : celle d'un bailleur de fonds international et celle d'une nation devant protéger la santé de ses propres sols agricoles et forestiers.

Le pastoralisme au cœur des débats

Organisée durant l'Année internationale des parcours et des pasteurs décrétée par l'ONU, cette COP17 met l'accent sur le pastoralisme. Les parcours, ces grands espaces naturels non cultivés dédiés au pâturage du bétail, couvrent plus de la moitié des terres émergées de la planète et font vivre près de 500 millions de personnes. La Mongolie entend porter une coalition internationale pour promouvoir cet élevage extensif et mobile, perçu comme un outil clé d'adaptation aux milieux contraints.

Cette réalité résonne directement avec les pratiques agricoles françaises. Des Alpes aux Pyrénées en passant par le Massif central et le Sud de la France, le pastoralisme reste un pôle d'activité essentiel pour entretenir les paysages, prévenir les feux de forêt et valoriser la biodiversité des zones de montagne ou de garrigue. Les éleveurs français partagent ainsi les mêmes défis d'adaptation climatique et d'accès à la ressource en eau que les communautés sahéliennes ou asiatiques.

Souveraineté alimentaire

À l'échelle internationale, la restauration des sols dégradés, qui touchent près de 40 % des terres émergées, réclame des investissements massifs estimés à près d'un milliard de dollars par jour d'ici 2030. L'Agence française de développement engage chaque année plus d'un milliard d'euros dans les filières rurales et la biodiversité, notamment pour sécuriser les couloirs de transhumance et financer des projets d'élevage durable dans la Corne de l'Afrique et le Sahel.

Au-delà des textes diplomatiques, les diplomates français et experts de l'AFD plaident à Oulan-Bator pour une meilleure intégration de la finance privée et des banques publiques agricoles. L'objectif est clair : reconnaître que la préservation des sols n'est pas un sujet environnemental isolé, mais le socle direct de la sécurité alimentaire et de la stabilité économique mondiale.


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