Publié : 7h52 par Gwen BROT

Carburants : la hausse de trop pour les artisans du bâtiment

Déjà confrontées à l'augmentation des coûts des matériaux, de l'énergie, des assurances et des salaires, les entreprises du bâtiment voient la flambée du gazole fragiliser encore davantage leur équilibre financier.

Chantier de construction
Chantier de construction
Crédit : image générée par intelligence artificielle

 

En Loire-Atlantique, de nombreux artisans s'inquiètent pour l'avenir de leur activité.

Des coûts de déplacement qui explosent

Pour les artisans du bâtiment, les déplacements quotidiens sont indispensables. Entre les trajets vers les chantiers, le transport du matériel et les allers-retours des équipes, les véhicules représentent une charge incontournable.

Ces dernières semaines, la hausse du prix du gazole a fait bondir les dépenses de nombreuses entreprises. Dans un secteur où plusieurs véhicules circulent chaque jour, quelques centimes supplémentaires à la pompe se traduisent rapidement par plusieurs centaines d'euros de charges en plus chaque mois.

Pour limiter l'impact, certains professionnels cherchent à réduire les longs déplacements ou à optimiser leurs tournées, mais les marges de manœuvre restent faibles.

Des trésoreries déjà sous pression

Cette nouvelle hausse intervient dans un contexte particulièrement difficile pour le secteur du bâtiment. Depuis plusieurs années, les entreprises doivent absorber l'augmentation du coût des matériaux, de l'énergie, des assurances et de la masse salariale.

Le problème est que toutes ces dépenses ne peuvent pas être répercutées sur les devis. Face à une clientèle plus prudente, nombre d'artisans choisissent de réduire leurs marges pour conserver leurs marchés.

Résultat : les trésoreries se tendent et les difficultés financières se multiplient. Plusieurs professionnels constatent une augmentation des procédures de redressement et des liquidations judiciaires dans le département, aussi bien dans le bassin nantais que dans la région nazairienne.

Une activité qui ralentit et un moral en berne

Si les carnets de commandes restent globalement alimentés, la nature des projets évolue. Les particuliers hésitent davantage à engager des travaux importants et privilégient des réalisations plus modestes ou échelonnées dans le temps.

Cette prudence pèse sur le chiffre d'affaires des entreprises et nourrit un climat d'inquiétude au sein de la profession. Les artisans décrivent un moral particulièrement bas, nourri par l'accumulation des difficultés économiques.

Dans l'attente d'une amélioration de la conjoncture, beaucoup misent sur leur capacité à traverser cette période délicate. Mais pour de nombreuses petites entreprises du bâtiment, la flambée du gazole apparaît aujourd'hui comme une charge supplémentaire difficile à absorber.

 


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