Publié : 19h17 par Dimitri COUTAND

Rennes : un pédocriminel récidiviste remis en liberté après une erreur judiciaire

Condamné à 18 ans de réclusion pour viol incestueux sur son nourrisson, un homme a été libéré fin décembre 2025 à la suite d’un oubli administratif du parquet général de Rennes.

cour d'appel
Le parlement de Bretagne, siège de la cour d'appel de Rennes
Crédit : capture d'écran Google Maps

Incarcéré depuis 2022 à Nantes, cet informaticien de 39 ans avait été condamné fin 2024 à une lourde peine pour des faits de viol incestueux et de diffusion d’images pédopornographiques. Ayant fait appel, il devait rester en détention provisoire jusqu’à son nouveau procès.

Mais faute d’une demande de prolongation exceptionnelle de détention, le parquet général de Rennes n’a pas saisi la chambre de l’instruction dans les délais. L’homme a ainsi quitté la prison le 27 décembre 2025, sans décision judiciaire sur le fond.

Coupe d’agressions sexuelles sur son enfant

Le prévenu n’en était pas à sa première condamnation. Il avait déjà été sanctionné à plusieurs reprises pour des infractions liées à la consultation de contenus pédopornographiques. Dans ce dossier, il a été reconnu coupable d’agressions sexuelles sur son propre enfant, âgé de neuf mois au moment des faits, ainsi que de diffusion de contenus illicites sur le darknet.

Son procès en appel doit se tenir à partir de ce mercredi 21 au vendredi 23 janvier devant la cour d’assises d’appel de Rennes. Il s’y présentera libre, bien qu’un contrôle judiciaire strict ait été ordonné après sa remise en liberté.

Une mission d’analyse lancée

La libération du condamné avant son procès a profondément choqué les parties civiles. Elles estiment que cette situation risque de modifier la perception du dossier lors des débats, notamment face aux jurés, et de fragiliser la position des victimes dans une affaire jugée d’une extrême gravité.

Le parquet général reconnaît un dysfonctionnement et a confié à un magistrat une mission d’analyse afin d’éviter qu’un tel oubli ne se reproduise. Les autorités judiciaires invoquent un contexte de surcharge croissante des juridictions criminelles, marqué par l’augmentation du nombre de dossiers et l’allongement des délais de jugement.


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