Publié : 10h14 par Gwen Brot

Nantes : la fac évacuée, découverte d’un campus saccagé

Après quatre jours d’occupation, la faculté de lettres et langues de Nantes a été évacuée samedi 10 octobre au petit matin. À l’intérieur, les dégâts sont nombreux : pavés, tags, mobilier renversé et sols rendus glissants. La présidente de l’université et la maire de Nantes dénoncent des dégradations importantes.

Université de Nantes
Université de Nantes
Crédit : Nantes Patrimonia

Une vingtaine de fourgons de police ont été mobilisés samedi matin pour mettre fin à l’occupation de la faculté de lettres et langues de Nantes. Le bâtiment était occupé depuis mercredi soir par une cinquantaine de personnes, en soutien au mouvement lycéen.

L’intervention des forces de l’ordre a duré un peu plus d’une heure. Plusieurs occupants ont quitté les lieux par une porte dérobée, tandis que les policiers procédaient à l’évacuation du bâtiment.

Selon la préfecture de Loire-Atlantique, l’opération s’est déroulée sans heurts. Quatre personnes ont été conduites au commissariat pour une vérification d’identité. Aucune garde à vue n’a été prononcée, selon le procureur de la République de Nantes.

Pavés, tags et mobilier renversé

À l’intérieur de la faculté, le constat est particulièrement préoccupant. Des tables et des chaises ont été renversées, notamment dans les locaux syndicaux de Solidaires et de l’Union pirate. Des casseroles sales et des provisions ont également été laissées sur place.

Plusieurs dizaines de pavés ont été retrouvées près des fenêtres d’un amphithéâtre rebaptisé Karl Marx. Les murs sont couverts de nombreux tags. Les sols et les escaliers auraient par ailleurs été rendus glissants par un mélange savonneux et huileux.

Venue sur place vers 7 h 30, la présidente de Nantes Université, Carine Bernault, a fait part de sa colère face à l’état des locaux. Elle estime que les réparations pèseront sur le budget de l’établissement, au détriment notamment de l’accueil des étudiants et du recrutement de personnels.

Une occupation attribuée à des militants radicaux

La présidente de l’université estime que cette occupation a été menée par une frange radicale, distincte de l’ensemble des jeunes mobilisés contre les mesures contestées.

Selon ses déclarations, les occupants auraient filtré les entrées, écarté des journalistes et empêché certains échanges avec les syndicats étudiants. Carine Bernault évoque également des menaces de mort au couteau qui auraient visé un élu étudiant.

Elle considère que ces agissements risquent de porter préjudice à l’ensemble du mouvement, alors même qu’elle reconnaît la légitimité des revendications exprimées par les jeunes dans la rue.

La maire de Nantes condamne les dégradations

La maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, a également réagi en condamnant fermement les dégâts constatés dans la faculté.

Elle a apporté son soutien aux étudiants, aux représentants syndicaux ainsi qu’aux personnels enseignants et administratifs de l’université. L’élue appelle les jeunes à poursuivre leur mobilisation de manière pacifique et demande que les responsables des dégradations soient identifiés et sanctionnés.

Une réouverture encore incertaine

L’évacuation est terminée, mais le retour à la normale n’est pas encore programmé. Samedi, la présidente de Nantes Université n’était pas en mesure de préciser à quelle date la faculté de lettres et langues pourrait de nouveau accueillir les étudiants.

L’état des locaux et les éventuels travaux de remise en état devront être pris en compte avant la reprise des activités.


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