Publié : 19h41 par Dimitri COUTAND

Mégots et feux de forêt : les industriels du tabac bientôt taxés pour financer les secours ?

Face aux ravages des feux de forêt régulièrement provoqués par des imprudences de fumeurs, le député LR de l'Isère Yannick Neuder a annoncé le dépôt d'une proposition de loi visant à taxer les fabricants de cigarettes. L'objectif : faire financer la prévention, le reboisement et l'équipement de la Sécurité civile par les cigarettiers.

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Crédit : Unsplash

Alors que les incendies ont déjà ravagé environ 120 000 hectares en France depuis le début de l'année, le rôle des mégots jetés dans la nature est une nouvelle fois pointé du doigt. Neuf feux sur dix sont d'origine humaine et près de 15 % découlent directement d'imprudences individuelles. Selon les données de l'Office national des forêts (ONF), 17 % des fumeurs reconnaissent encore jeter leurs mégots par la fenêtre de leur véhicule.

Un geste d'une seconde qui, par temps sec, suffit à embraser des massifs entiers et à détruire des écosystèmes longs à se reconstituer, alors que 23 milliards de cigarettes sont vendues chaque année dans l'Hexagone.

Un fonds de 350 millions d'euros pour les secours et la forêt

Pour responsabiliser les producteurs de tabac, l'ancien ministre de la Santé propose de prélever une taxe de 2 % sur leur chiffre d'affaires, équivalant à environ 15 euros pour 1 000 cigarettes (soit 30 centimes par paquet de 20). Facturée directement aux industriels sans obligation d'être répercutée sur le prix de vente au consommateur, cette contribution permettrait de générer 350 millions d'euros par an.

Cette somme viendrait abonder un fonds dédié au rééquipement des services d'incendie et de secours (SDIS), à la régénération des milieux brûlés gérés par l'ONF et aux actions des collectivités ou associations de protection de l'environnement. Le député espère inscrire cette initiative transpartisane à l'ordre du jour ou l'intégrer au budget, avec une entrée en vigueur visée au 1er janvier 2028.

Les fabricants de tabac contre cette proposition de loi

L'initiative suscite déjà la vive opposition des industriels du secteur. Le groupe Philip Morris France a réagi en déplorant les comportements irresponsables des jeteurs de mégots, tout en affirmant qu'une nouvelle taxe sur les fabricants ne modifierait pas ces incivilités individuelles. L'entreprise a également rappelé qu'elle versait déjà près de 80 millions d'euros par an à un éco-organisme dédié à la collecte des filtres et à la sensibilisation du public.


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