Publié : 19h42 par Dimitri COUTAND

Manger sainement coûte 25 % plus cher qu'il y a cinq ans, alerte l’ONU

Obtenir une nourriture équilibrée devient un véritable luxe. Selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, le coût d'une alimentation saine a bondi de 25 % en cinq ans, privant aujourd'hui près d'une personne sur trois dans le monde d'un accès à des repas suffisamment nutritifs.

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Crédit : DR

S'alimenter de manière diversifiée, modérée et équilibrée requiert désormais un budget moyen de 4,28 dollars par personne et par jour, contre environ 3,42 dollars auparavant. Cette hausse brutale a des conséquences dramatiques à l'échelle globale, puisque 2,69 milliards de personnes, soit près d'un tiers de la population mondiale, se retrouvent désormais dans l'impossibilité financière de manger sainement.

L'analyse détaillée des dépenses montre que les produits d'origine animale constituent le poste le plus lourd du panier équilibré, en absorbant près de 30 % du coût total. Les fruits et légumes représentent quant à eux 16 % des dépenses, tandis que les aliments de base comme les céréales et les légumineuses en constituent 13 %.

Privilégier la production locale et les infrastructures

L'impact de cette augmentation s'avère particulièrement sévère en Amérique latine et dans les Caraïbes, où la priorité donnée aux exportations restreint la disponibilité des produits sur les marchés locaux et tire les prix vers le haut.

Face à cette crise, l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture estime que l'urgence n'est plus de produire davantage de calories, mais de rendre les aliments riches en nutriments abordables pour tous. Pour y parvenir, elle préconise en premier lieu le développement de la production locale et des circuits courts. Cette approche permettrait de réduire le coût d'une alimentation saine de 34 % à l'échelle mondiale, et même jusqu'à près de 80 % sur le continent africain.

La menace des tensions géopolitiques et climatiques

Par ailleurs, l'accent doit être mis sur l'amélioration de la logistique et des infrastructures d'acheminement, telles que les routes ou les capacités de stockage. En effet, entre 70 et 75 % du coût d'un aliment sain est généré après qu'il a quitté la ferme. L'optimisation de ces étapes permettrait donc d'alléger directement la facture du consommateur final.

La résorption de ce déséquilibre reste toutefois menacée par les perturbations du commerce des engrais liées à la fermeture du détroit d'Ormuz et par les effets du phénomène climatique El Niño attendus d'ici la fin de l'année 2026.


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