Publié : 7h05 par Gwen BROT

Cocaïne, cigarettes, réseaux mafieux : la guerre invisible dans le Grand Ouest menée depuis Nantes

Basée à Nantes, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières mène une lutte discrète mais stratégique contre les grands trafics. Cocaïne, tabac, drogues de synthèse : ses opérations irriguent toute la Bretagne et les Pays de la Loire, loin des caméras et des tribunaux.

Illustration Douanes
Illustration Douanes

Peu connue du grand public, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières fait pourtant partie du premier cercle du renseignement français, au même niveau que la DGSE ou la DGSI.
Depuis 2014, ses agents agissent en civil, dans la plus grande discrétion, avec un objectif clair : atteindre le sommet des organisations criminelles, pas les exécutants.

Nantes, poste avancé contre les trafics de l’Ouest

C’est depuis la métropole nantaise que la DNRED pilote une partie essentielle de la lutte contre les trafics dans l’Ouest. Routes, aéroports, ports de commerce et façade atlantique sont sous surveillance permanente.
Le territoire couvert est vaste : de la Bretagne aux Pays de la Loire, avec des réseaux qui exploitent la position stratégique de l’Atlantique pour faire transiter drogue et cigarettes de contrebande.

Cigarettes : des filières internationales bien rodées

Dans le trafic de tabac, les enquêteurs observent des organisations très structurées. Des groupes criminels originaires d’Europe de l’Est orchestrent l’acheminement de cigarettes produites dans des usines clandestines, notamment en Pologne ou en Allemagne.
En 2024, près de 15 tonnes ont ainsi été saisies dans un entrepôt de Loire-Atlantique. À côté de ces réseaux industriels, subsistent aussi des filières plus artisanales, lourdement sanctionnées financièrement.

Cocaïne : une pression constante sur la Bretagne et les Pays de la Loire

La cocaïne arrive désormais majoritairement par voie terrestre, en provenance d’Espagne. Des réseaux albanais assurent l’acheminement, avec des véhicules équipés de caches sophistiquées.
Dix à douze kilos par trajet, des rotations régulières : la drogue alimente les grandes agglomérations de l’Ouest. Pour l’instant centrés sur la logistique, ces réseaux pourraient demain investir la vente locale.

En mer, une nouvelle menace

Les ports ne sont plus les seuls points d’entrée. Les enquêteurs constatent une montée en puissance du « drop off » : des ballots de cocaïne largués en pleine mer, parfois par tonnes, puis récupérés par d’autres embarcations.
Face à cette stratégie, la DNRED privilégie les interceptions loin des côtes, parfois à des milliers de kilomètres, grâce à une coopération internationale étroite et au travail de l’Ofast.

Le renseignement avant tout

Signaux faibles, sources humaines, observations discrètes : le renseignement est la clé de ces opérations. La majorité des saisies dans l’Ouest trouvent leur origine dans ce travail de l’ombre, rarement attribué publiquement.
Un choix assumé par le service, pour qui l’efficacité repose sur l’anonymat.

Une guerre silencieuse mais décisive

Chaque interception évite que des kilos de cocaïne ou des milliers de cartouches n’atteignent la Bretagne et les Pays de la Loire. Invisible, la DNRED n’en reste pas moins un rempart essentiel contre les trafics internationaux qui ciblent l’Ouest.

 
 

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