Publié : 8h00 par Gwen BROT

Carburants : la baisse arrive-t-elle enfin à la pompe ?

Après l'accord annoncé entre les États-Unis et l'Iran, les cours du pétrole ont fortement reculé. Une bonne nouvelle pour les automobilistes français, qui pourraient voir les prix des carburants diminuer dans les prochaines semaines. Mais la baisse ne sera ni immédiate ni garantie.

Le pétrole décroche après l'annonce d'un accord de paix
Le pétrole décroche après l'annonce d'un accord de paix
Crédit : image générée par intelligence artificielle

C'est un signal que les marchés attendaient. L'annonce d'un accord entre Washington et Téhéran a immédiatement détendu les cours du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord a perdu plus de 5 % en quelques heures, retombant autour de 83 dollars, après avoir atteint jusqu'à 119 dollars au plus fort des tensions au Moyen-Orient.

Cette chute s'explique par l'espoir d'un retour à la normale des échanges pétroliers dans la région, notamment via le détroit d'Ormuz, passage incontournable pour une grande partie du commerce mondial d'hydrocarbures.

Les prix à la pompe vont-ils baisser ?

La réponse est oui... mais pas tout de suite.

En France, les carburants commençaient déjà à montrer quelques signes d'accalmie avant même l'annonce de cet accord. Le gazole est ainsi repassé sous la barre des deux euros le litre, tandis que les essences ont légèrement reculé ces derniers jours.

Pour les spécialistes, la baisse du pétrole devrait finir par se répercuter à la pompe. Mais il faut compter entre une quinzaine de jours et plusieurs semaines avant d'en ressentir pleinement les effets. Les stocks déjà achetés à des prix élevés doivent d'abord être écoulés et l'ensemble de la chaîne logistique doit s'adapter.

Le gouvernement met les distributeurs sous pression

L'exécutif surveille de près l'évolution des prix.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a demandé aux distributeurs de répercuter rapidement la baisse des cours du pétrole. Le message est clair : si les prix ont augmenté presque immédiatement lorsque le pétrole flambait, ils devront désormais baisser avec la même rapidité.

Une manière pour le gouvernement de répondre aux inquiétudes des ménages, alors que le budget carburant reste l'un des principaux postes de dépenses pour de nombreux Français.

Pourquoi la prudence reste de mise

Malgré l'optimisme affiché par les marchés, plusieurs inconnues demeurent.

L'accord entre les États-Unis et l'Iran doit encore être officiellement signé. Il ouvre également une période de négociations de soixante jours sur des sujets sensibles, notamment le nucléaire iranien et les sanctions américaines.

Autre point crucial : le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz ne retrouvera pas immédiatement son fonctionnement normal. Plusieurs centaines de navires attendent encore de pouvoir circuler librement et des opérations de sécurisation restent nécessaires.

Vers un retour aux prix du début d'année ?

Pour retrouver les niveaux observés en janvier, il faudra probablement patienter. À l'époque, le gazole s'affichait autour de 1,59 euro le litre, bien loin des tarifs constatés ces dernières semaines.

Si l'accord se confirme et que les tensions géopolitiques continuent de s'apaiser, les automobilistes pourraient toutefois retrouver progressivement un peu d'oxygène au moment de faire le plein.

La baisse est donc en vue, mais elle ne sera ni immédiate ni spectaculaire. Pour les conducteurs, le mot d'ordre reste le même : encore un peu de patience.


Retrouvez toute l'actu de la région et recevez les alertes infos de la rédaction
en téléchargeant l'application mobile RCA