Publié : 7h55 par Gwen BROT

Carburants : aides ciblées, secteurs sous perfusion… ce que changent vraiment les annonces du gouvernement

Face à la flambée des prix des carburants liée au conflit au Moyen-Orient, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé une série de mesures pour soutenir l’activité. Décryptage secteur par secteur.

Station service illustration
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Aides pour les automobilistes, renfort pour les secteurs en difficulté, stratégie assumée : privilégier le ciblage plutôt qu’un soutien généralisé. 

Automobilistes : un coup de pouce pour les “grands rouleurs”

C’était la mesure la plus attendue. Le gouvernement met en place une aide d’environ 20 centimes par litre pour les Français qui utilisent leur véhicule à des fins professionnelles.

Cette aide concerne près de 3 millions de personnes, principalement des travailleurs modestes. Pour en bénéficier, il faudra répondre à plusieurs critères :

  • être sous un certain niveau de revenus
  • parcourir au moins 15 km pour aller travailler ou effectuer 8 000 km par an dans un cadre professionnel

Le dispositif sera déclaratif, via une plateforme dédiée sur le site des impôts, avec un versement rétroactif sur les mois d’avril à juin.

Objectif : soutenir ceux qui n’ont pas d’alternative à la voiture, sans élargir à l’ensemble des automobilistes.

BTP : un nouveau secteur intégré aux aides

Le secteur du bâtiment et des travaux publics fait son entrée dans les dispositifs de soutien.

Les petites entreprises de moins de 20 salariés pourront bénéficier d’une aide d’environ 20 centimes par litre sur le gazole non routier (GNR).

Une enveloppe spécifique doit être débloquée rapidement, avec des modalités encore en discussion.

Une réponse à la hausse des coûts qui fragilise particulièrement les petites structures du secteur.

Pêche : une aide renforcée face à l’urgence

Déjà touchés de plein fouet par la hausse des prix, les pêcheurs voient leur soutien augmenter.

L’aide à la pompe passe de 20 centimes à 30-35 centimes par litre de GNR.

Cette mesure reste toutefois soumise à validation européenne, ce qui pourrait retarder sa mise en œuvre.

Un secteur jugé prioritaire, en raison de sa forte dépendance au carburant.

Agriculture : un soutien multiplié

Les agriculteurs bénéficient également d’un renforcement significatif.

L’aide passe de 4 centimes à 15 centimes par litre, avec une enveloppe globale largement revue à la hausse.

Le gouvernement affiche clairement sa volonté de soutenir une profession déjà fragilisée par l’inflation et les tensions internationales.

Transport, taxis et VTC : entre continuité et discussions

Pour les transporteurs, les aides existantes sont prolongées à l’identique en mai.

En revanche, pour les taxis et VTC, aucune mesure immédiate : des discussions sont annoncées dans les prochains jours pour évaluer leurs besoins.

Une approche au cas par cas, selon les réalités économiques de chaque profession.

Une stratégie assumée : cibler plutôt que généraliser

Le gouvernement revendique une ligne claire :

  • pas de baisse massive des taxes
  • pas de “chèque carburant” généralisé

L’exécutif préfère des aides ciblées et mensualisées, afin de soutenir l’activité économique sans creuser davantage les finances publiques.

Parallèlement, Sébastien Lecornu a insisté sur la nécessité de plus de transparence sur les marges, notamment dans la distribution de carburants, pour que les prix baissent aussi vite qu’ils montent.

Et après ?

Le Premier ministre reste prudent :
si la situation internationale continue de se dégrader, de nouvelles mesures pourraient être annoncées.

En toile de fond, le gouvernement évoque aussi des pistes plus structurelles, comme l’électrification ou la réduction de la dépendance énergétique.


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