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18 décembre 2015 à 6h57 par Anthony MARSAIS

Non seulement elle devra rembourser mais en plus, cette femme de 46 ans écope de prison avec sursis.

RCA
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Une ancienne responsable de caisse des cinémas Gaumont et Pathé, situés place du Commerce à Nantes et au centre commercial Atlantis de Saint-Herblain, a été condamnée jeudi à quinze mois de prison avec sursis pour avoir détourné 275.000 € en six ans des caisses de son employeur.

 

Le tribunal correctionnel de Nantes a également interdit à cette habitante de Machecoul, d'exercer toute activité bénévole ou professionnelle en lien avec le maniement d'argent pendant les cinq prochaines années. Elle devra également rembourser les sommes détournées dans les deux cinémas, auxquels s'ajouteront 8.900 € de frais divers.

 

Cette femme de 46 ans avait mis au point en effet un "système assez ingénieux", selon le président du tribunal, où elle compensait ses prélèvements par des entrées imaginaires avec des cartes pré-payées (cartes CE, cartes de fidélité...).

 

"Quand on calcule, ça ferait 2 à 3.000 € détournés par mois... C'est impossible", s'est défendue l'ancienne responsable de caisse, qui pense avoir prélevé tout au plus "500 € par mois". "Comme je ne m'explique pas ce montant, je me demande si d'autres personnes ne faisaient pas la même que moi à la même période..."

 

PISCINE ET 4x4

 

Inconnue de la justice jusqu'alors et "très endettée", cette femme mariée - avec deux enfants à la maison - a expliqué avoir utilisé cet argent juste pour "faire des courses" ou "payer le carburant" du 4x4 familial. "Tout ce qu'on a chez nous, on l'a payé à crédit", a-t-elle insisté. La prévenue a également indiqué avoir été fragilisée psychologiquement, à l'époque, par une "agression physique" de clients issus d'une "bande de quartiers", qui lui auraient craché au visage.

 

L'enquête a toutefois permis d'établir l'existence d'un voyage avec toute sa famille à Miami (Floride) ou d'un autre en Thaïlande. Pour le premier, la prévenue a expliqué avoir en fait profité des avantages professionnels d'une amie hôtesse de l'air, qui bénéficiait de billets d'avion "à 10 %" de leur valeur ; pour le second, il s'agissait de son voyage de noces.

 

L'avocat des cinémas Gaumont et Pathé a également relevé un "train de vie ne correspondant pas aux ressources" de la prévenue et de son mari auto-entrepreneur, qui disposaient d'une piscine sur leur propriété de Machecoul.

 

"Comme souvent dans les affaires d'abus de confiance, c'est l'histoire d'un beau gâchis : madame, qui avait démarré comme projectionniste, avait au moment des faits un emploi tout à fait enviable", a déploré le procureur de la République, qui avait réclamé dix-mois de prison avec sursis et une mise à l'épreuve de trois ans pour la prévenue.

 

"UNE SCENE DIGNE D'UN THRILLER"

 

Le représentant du ministère public avait rappelé que l'intéressée avait été démasquée dans "une scène digne d'un thriller", quand sa directrice avait dû faire en sa présence un agrandissement sur des images vidéo, où on la voyait sortir de la salle des coffres en dissimulant des enveloppes contenant de l'argent liquide sous une feuille de papier...

 

L'avocate de la prévenue, qui a reproché au parquet et aux parties civiles de "charger la mule", a sollicité l'indulgence du tribunal à l'égard de sa cliente, en pleurs à la barre, qui ne serait pas "la rapace avide" qui a été décrite : désormais au chômage, elle s'est dite "incapable de retravailler" pour le moment, consciente d'avoir "trahi" son employeur.

 

"Vous l'avez vue, elle est très affectée par ces faits... A moins qu'elle ne soit très bonne comédienne, auquel cas elle est bonne pour les Oscars", avait souligné Me Catherine Roussel, filant la métaphore cinématographique.

 

L'avocate avait également relevé que l'expert chargé par le parquet de reconstituer les sommes détournées s'était lui-même "étonné" de la facilité avec laquelle il était possible de détourner de l'argent dans les deux cinémas. "Depuis, un audit national a été fait, pour remettre à plat le système", lui a précisé l'avocat de Gaumont et Pathé./GF (PressPepper)

 

 

 

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