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28 mai 2015 à 0h00 par La rédaction

<p>Elle se servait sur un étrange compte de « trop perçus »…</p>

RCA
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NANTES, 27 mai 2015 (PressPepper) - L'ancienne responsable de l'agence devoyages des Galeries Lafayette nantaises a été condamnée mercredi après-midi àhuit mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nantes, pouravoir détourné 35.000 �?� des comptes de son ancien employeur entre 2006 et 2008.

Les juges ont également condamné cette femme de 56 ans à rembourser cettesomme à son ancien employeur, alors que celui-ci affirmait que 72.000 �?� avaienten réalité été détournés de ses comptes.

Cette "employée de confiance", recrutée en 1989 et qui touchaitentre 1.500 et 1.700 �?� par mois, avait été licenciée en 2008 après que sabanque l'ait dénoncée aux Galeries Lafayette. Le Crédit mutuel s'était en effetétonné des fréquents virements, de l'ordre de 4 à 500 �?�, que sa clientepercevait sur ses comptes personnels.

Lors de son procès, la prévenue a expliqué qu'elle s'appropriait en réalitéles trop-perçus versés par les clients, que le magasin ne leur remboursait pasen dépit des rabais qui lui étaient consentis ultérieurement par lestour-operators (variations du coût du carburant, du prix des vols, ristournesdes hôtels...).

LES PRATIQUES "CURIEUSES" DES GALERIES LAFAYETTE

"On laissait cet argent sur des comptes courants... On remboursait lesclients qui le demandaient, mais cela n'arrivait jamais : ils n'étaient pas aucourant du prix final facturé par les tour-operators", explique l'ancienneresponsable. "Cet argent servait aussi à éponger les comptes déficitairesde certains clients, qui ne voulaient pas payer un surcoût qu'on leur réclamaitune fois que leur contrat ait été signé."

"Les Galeries Lafayette sont victimes dans cette affaire, mais leurpratique est quelque peu curieuse", commente la présidente du tribunalcorrectionnel de Nantes, pour le moins perplexe. "On imagine que ça ne sepasse pas comme ça dans toutes les agences de voyage..."

La substitut du procureur de la République avait demandé pour sa part unepeine similaire à celle prononcée par le tribunal à l'encontre de cettehabitante de Plessé. Selon elle, la "lenteur" avec laquelle lesGaleries Lafayette se sont constituées partie civile expliquait aussi pourquoicette affaire n'est jugée par le tribunal que plus de sept ans après les faits.

"Les Galeries Lafayette espéraient peut-être qu'il ne soit pas faittrop grand'bruit de cette affaire", suggère la représentante du ministèrepublic. "En tous cas, il n'est pas question, aujourd'hui, que madameendosse le rôle d'un Robin des Bois, qui viendrait se servir dans une caissequi n'appartient à personne."

"PAS UN ROBIN DES BOIS"

"Ma cliente ne s'est jamais prise pour un Robin des bois",rétorque l'avocate de la défense. "Elle a simplement eu une réaction demère un peu désespérée." L'ancienne responsable de l'agence de voyages,qui vit désormais de petits boulots et du RSA, explique en effet avoir connuune "situation financière difficile", après un premier divorce quilui a coûté "24.000 �?' et un contentieux avec la Caisse d'allocationsfamiliales (CAF).

Des témoins ont pourtant dit, au cours de l'enquête, l'avoir vue s'acheterdes vêtements de marque. "C'était une bête compétition par rapport à monex-mari, qui payait des voyages aux enfants pour obtenir leur garde",explique-t-elle. "En contrepartie, je leur achetais des vêtements demarque. C'était parfaitement ridicule."

Son avocate avait en tous cas estimé que son ancien employeur n'était pasen droit de réclamer le remboursement de telles sommes. "Leur pratique estun peu douteuse... Les sommes qui étaient prélevées appartenaient aux clients,et non aux Galeries", avait-elle plaidé, en vain./GF (PressPepper)

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